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Titre Contre la primauté de l'homme : Les traditions confucéenne et occidentale de bonne administration
Auteur Lijing Yang, Mark R. Rutgers
Mir@bel Revue Revue Internationale des Sciences Administratives
Numéro vol. 83, no 4, décembre 2017 Conférence Braibant 2006 – Un réexamen
Page 839-855
Résumé Dans la présente étude, nous examinons la tradition confucéenne et occidentale, en particulier en ce qui concerne la relation entre moralité, législation et bonne administration. Nous soutenons que l'opposition courante entre la primauté de l'homme et la primauté du droit, considérée comme illustrant la différence fondamentale entre les deux traditions, est inappropriée. On peut considérer le confucianisme comme le règne de la moralité. Il convient par ailleurs de noter que « la primauté du droit » est de plus en plus souvent introduite dans l'administration chinoise. Dans le même ordre d'idées, même si l'on peut décrire la tradition occidentale en termes de primauté du droit, on se rend compte que l'on ne peut éviter « la primauté de l'homme » et que la moralité est importante. Les deux traditions s'opposent à la primauté de l'homme, dans la mesure où cela concerne quelqu'un qui agit sous le coup de ses préférences personnelles. En guise de conclusion, nous verrons que la bonne administration passe par des agents qui possèdent non seulement des valeurs morales, mais qui respectent aussi la loi ; reste à savoir s'il s'agit d'une sorte de convergence. Dans le présent article, nous étudions les traditions administratives confucéenne et occidentale par rapport à la notion de bonne administration. Nous soutenons que le fait de considérer, comme on le fait habituellement, la tradition confucéenne en termes de « primauté de l'homme », une conception honnie en Occident, est malavisé. Au lieu d'interpréter les connotations morales positives du bon administrateur confucéen, cette vision l'associe à une notion négative, alors que parallèlement à cela, le fait de trop insister, comme on le fait en Occident, sur « la primauté du droit » risque de masquer le besoin de bonne administration pour les personnes morales.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais This article investigates the Confucian and Western traditions specifically with regard to the relation between morality, law and good administration. It is argued that the common opposition between the rule of man and the rule of law as reflecting the basic difference between the two traditions is inadequate. Confucianism can be better characterized positively as the rule of morality. It should also be noticed that ‘the rule of law' is increasingly being introduced into the Chinese administration. Similarly, even though the Western tradition can be summarized in terms of the rule of law, it is acknowledged that ‘the rule of man' cannot be avoided, and that morality is important. Both traditions oppose the rule of man, in as far as it refers to someone acting out his selfish preferences. It is concluded that good administration requires officials with both good morality and respect for the law; whether this is a kind of convergence is a matter of debate.Points for practitioners:This article studies Confucian and Western administrative traditions in relation to the notion of good administration. It is argued that the common characterization and understanding of the Confucian tradition in terms of the Western reviled ‘rule of man' is misguided. Rather than understanding the positive moral connotations of the Confucian good administrator it associates them with a specific negative notion; at the same time, overstressing the Western ‘rule of law' may obscure the need for moral persons for good administration.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=RISA_834_0839