Sign@l - Justice et traditions

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Titre

Justice et traditions

Auteur Mohamed Amer Meziane
Mir@bel Revue Multitudes
Numéro no 72, automne 2018 Inséparation, modes d'emploi
Rubrique/Thématique
Hors-Champ
Page 131-145
Résumé En étudiant la diversité des cultures, les « modernes » ont voulu transformer des traditions qu'ils supposaient cruelles, à l'image du sacrifice. Ces traditions, ils les disent encore archaïques notamment lorsqu'elles apparaissent comme « religieuses ». Les réformer semble encore faire partie d'une volonté de libération du monde. La critique de l'impérialisme pose une question clef à l'anthropologie. Pourquoi le mot de tradition est-il toujours synonyme de réaction, d'immobilisme voire de violence ? Faut-il réellement voir dans la critique des dimensions impériales et coloniales de la « modernité » une menace de la démocratie et des droits fondamentaux des hommes et des femmes ? Cet article montre que ce que nous nommons « tradition » peut être défini comme un processus. Ce processus est indissociable de l'exercice du pouvoir : de l'autorité mais aussi de sa critique. La tradition est donc saisie comme un mouvement (auto)-critique qui atteste l'existence d'une justice. Ce qui échappe au modernisme comme au traditionalisme est la critique interne de la tradition. C'est de l'intérieur de la philosophie africaine que les linéaments d'une telle critique sont dessinés.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais Traditions are often viewed as sacrifices, i.e., as cruel religious archaïsms. Why are traditions identified with violence and reaction? Is it because they are essentially reactionary? Or is it because the unequal hegemonic forces of modernism and traditionalism are able to capture their power? This article defines tradition as a process. Tradition is linked to power because it authorizes not only authority but also its critique. Tradition is thus defined as a (self)-critical movement that bears witness to the reality of a certain form of justice. Classical accusations of cultural relativism, essentialism or political conservatism are discussed by challenging the model of rationality and emancipation, and the narrow concept of tradition that they presuppose. The critique of tradition by the traditions themselves exceeds both traditionalism and modernism. The article tries to unfold some implications of this critique for African philosophy, beyond post-colonial and decolonial theory.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=MULT_072_0131 (accès réservé)