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Titre Pour un « American Risorgimento » : cosmopolitisme et fascisme chez Ezra Pound
Auteur Charlotte Estrade
Mir@bel Revue L'Ordinaire des Amériques
Numéro no 223, 2018 Cosmopolitismes dans les Amériques (1900-1968)
Rubrique / Thématique
Entre exil et ré-enracinement. Écrivains cosmopolites des Amériques
Résumé Ezra Pound et ses Cantos : une œuvre polyglotte, encyclopédique, qui mobilise des horizons culturels très divers, et pourtant parangon de la poésie états-unienne. C'est dans cette tension, entre cosmopolitisme linguistique et patriotisme, entre exil volontaire et construction d'une poésie que Pound voulait distinctement états-unienne, qu'on relira les Cantos : comment ceux-ci peuvent-ils être à la fois cosmopolites dans leur idéal culturel et linguistique, tout en étant parfois violemment fascistes et antisémites ? On tentera de cerner le cosmopolitisme poundien dans ses paradoxes et dans ses implications. Le cosmopolitisme géographique et linguistique s'impose à la lecture de textes poétiques multilingues écrits par un auteur en perpétuel transit, notamment en Europe, mais ayant toujours pour but l'élaboration d'une œuvre américaine. Le cosmopolitisme peut-il s'accorder avec une idéologie totalitaire qui semble incompatible avec certaines définitions du cosmopolitisme ? Le renouveau poétique américain inauguré par Pound volontairement expatrié s'opère précisément et paradoxalement grâce au décentrement qui a nourri son discours fasciste.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais Ezra Pound's Cantos are an encyclopedic and polyglot work, which alludes to very different cultures, and yet is a milestone of the poetic history of the United States. This article provides a reading of The Cantos in the light of a particular tension between linguistic cosmopolitanism and patriotism, between Pound's voluntary exile in Europe and his wish to write a distinctively American poetry; how can the long poem be cosmopolitan in the linguistic and cultural ideal it presents, while at the same time displaying violently fascist and antisemitic passages. This article tries to make sense of Pound's paradoxes and their implications. It is obvious that Pound, as a voluntary exile who was often on the move through Europe is linguistically and geographically cosmopolitan even when trying to produce American poetry. Is it possible to reconcile a form of cosmopolitanism with a totalitarian ideology? The American poetic renewal inaugurated by Pound is born precisely and paradoxically from the decentered position that fostered his fascist stance.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne http://journals.openedition.org/orda/3688