Sign@l - La construction de la frontière de facto abkhazo-géorgienne, entre enjeux sécuritaires, politiques et identitaires

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Titre

La construction de la frontière de facto abkhazo-géorgienne, entre enjeux sécuritaires, politiques et identitaires

Auteur Ariane Bachelet, Yann Richard
Mir@bel Revue L'Espace Politique
Numéro no 36, 2019/1
Rubrique/Thématique
Varia 2019
Résumé Cet article étudie la manière dont est construite la frontière d'un Etat de facto, en prenant pour exemple la frontière constestée entre l'Abkhazie et le territoire administré par la Géorgie. Il se fonde sur une recherche de terrain qui couvre la période 2015-2018, avec plusieurs séjours en Abkhazie, dix franchissements de cette frontière et une série d'entretiens formels et d'échanges informels. L'attention est portée sur les acteurs individuels, les acteurs politiques et les institutions qui construisent l'espace frontalier matériellement et symboliquement. Les autorités abkhazes mènent une politique de réappropriation territoriale en coopération avec la Russie (délimitation et sécurisation de la frontière, contrôle des flux et réaménagement de l'espace identitaire). De leur côté, les autorités de Tbilissi mettent en œuvre une politique de réconciliation et d'attractivité en prônant le développement de la zone frontalière. De plus, elles essayent de rendre cette frontière invisible, car elles contestent son statut de limite internationale. De fait, le conflit analysé dans cet article ne porte pas sur le tracé de la ligne qui sépare l'Abkhazie du reste de la Géorgie. Il porte sur son statut. S'agit-il d'une frontière interétatique au sens classique de limite entre deux Etats souverains ? Ou d'une limite administrative interne à l'Etat géorgien ? L'évolution de cette limite contestée vers le statut de jure de frontière internationale stricto sensu ou vers le celui de limite administrative dépend des décisions prises par les deux entités politiques riveraines (la Géorgie et l'Abkhazie). Toutefois, sur le terrain, le temps semble être un facteur de stabilisation de la situation de facto et de la possible consolidation de cette frontière est une hypothèse envisageable.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais This article examines how is constructed the border of a de facto State, taking the disputed border between Abkhazia and the territory administered by Georgia as a case-study. It is based on field research covering the period 2015-2018, with several visits to Abkhazia, ten border crossings and a series of formal interviews and informal exchanges. Attention is focused on the individual actors, political actors and institutions that build the border area physically and symbolically. The Abkhaz authorities are pursuing a policy of territorial re-appropriation in cooperation with Russia (delimitation and security of the border, flow control and redevelopment of the identity space). For their part, the Tbilisi authorities are implementing a policy of reconciliation and attractiveness by promoting the development of the border area. In addition, they are trying to make this border invisible because they are challenging its status as an international boundary. Indeed, the conflict analysed in this article does not concern the line between Abkhazia and the rest of Georgia. It is about his status. Is it an inter-state border in the traditional sense of a boundary between two sovereign States? Or an administrative limit within the Georgian State? The evolution of this disputed boundary towards de jure international border status stricto sensu or towards administrative boundary status depends on the decisions taken by the two riparian political entities (Georgia and Abkhazia). However, on the ground, time seems to be a factor in stabilizing the de facto situation and the possible consolidation of this border is a possible hypothesis.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne http://journals.openedition.org/espacepolitique/5691