Sign@l - La « guerre de l'eau » à Cochabamba. De la réappropriation de l'espace politique à la reproduction d'un lieu symbolique de la contestation

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Titre

La « guerre de l'eau » à Cochabamba. De la réappropriation de l'espace politique à la reproduction d'un lieu symbolique de la contestation

Auteur Mathieu Uhel
Mir@bel Revue L'Espace Politique
Numéro no 37, 2019/2 Luttes de territoire
Rubrique/Thématique
Luttes de territoire : enjeux spatiaux et représentations sociales
Résumé La « guerre de l'eau » à Cochabamba (Bolivie), début 2000, a opposé un mouvement social, dirigé par la Coordination de Défense de l'Eau et de la Vie (CDEV), au gouvernement national, autour de la concession des services de l'eau à un consortium privé transnational, Aguas del Tunari. Quelle politique scalaire a permis à la CDEV de constituer un sujet politique capable d'imposer ses revendications et de contester l'agencement des échelles de la domination ? Quel a été le devenir de ce haut lieu de la contestation dans la réorganisation des rapports de pouvoir issue du changement d'hégémonie politique nationale ? Les éléments de réponse apportés à ces interrogations s'appuieront sur l'analyse des textes produits par la CDEV (et des graffitis militants), associée à une démarche de type ethnographique. Outre l'observation des moments de commémoration de cette victoire populaire, des entretiens ont été menés avec des acteurs de la « guerre de l'eau ». En interpelant le « peuple de Cochabamba » afin de défendre l'eau et son territoire, la stratégie discursive de la CDEV a légitimé la réappropriation de l'espace urbain par les classes populaires ségréguées, contraignant l'État central à céder temporairement le contrôle sur la capitale du département. Au cours des décennies suivantes, la CDEV a réactualisé la mémoire de la « guerre de l'eau » à travers l'organisation d'évènements à Cochabamba, dimension symbolique attachée au lieu faisant l'objet d'une volonté d'appropriation par le « gouvernement des mouvements sociaux » d'Evo Morales.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais In early 2000, the "water war" in Cochabamba (Bolivia) pitted a social movement, led by the Coordination for the Defence of Water and Life (CDWL), against the national government, over the concession of water services to a transnational private consortium, Aguas del Tunari. What politic of scale has enabled the CDWL to constitute a political subject able to impose its demands and challenge the scalar arrangement of domination? What become this high place of contestation in the reorganization of power relations resulting from the change in national political hegemony? The answers to these questions will be based on an analysis of the texts produced by the CDWL (and militant graffiti), combined with an ethnographic approach. In addition to observing the moments of commemoration of this popular victory, interviews were conducted with actors of the "water war". By adressing the "people of Cochabamba" in order to defend water and its territory, the discursive strategy of the CDWL legitimized the reappropriation of urban space by the segregated working classes, forcing the central state to temporarily cede control over the capital of the department. Over the following decades, the CDWL updated the memory of the "water war" by organizing events in Cochabamba, a symbolic dimension attached to the place that was subject of appropriation by the "government of social movements" of Evo Morales.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne http://journals.openedition.org/espacepolitique/6288