Sign@l - De l'injonction au droit à la ville au Sud, comment construire une citadinité légitime dans une ville ex nihilo en Inde

Contenu de l'article

Titre

De l'injonction au droit à la ville au Sud, comment construire une citadinité légitime dans une ville ex nihilo en Inde

Auteur Éric Leclerc
Mir@bel Revue Annales de géographie
Numéro no 729-730, 2019/5-6 Droit à la ville au Sud et construction des légitimités ordinaires
Rubrique/Thématique
Articles
Page 135-158
Résumé La question du droit à la ville au Sud se pose avec beaucoup d'acuité pour les pays en voie d'urbanisation rapide comme la Chine ou l'Inde. Ces nouveaux espaces urbains sont le résultat de méga-projets qui remodèlent et étendent les villes traditionnelles remettant en cause le droit à la ville des citadins présents, provoquant le déplacement des plus précaires. Il existe pourtant des situations où le droit à la ville est octroyé comme à Amaravati, la nouvelle capitale de l'Andhra Pradesh en Inde du Sud. Sur l'ensemble de l'espace du projet (200 km²), les villageois ont basculé en 2015 dans le monde urbain décrété par le gouvernement d'Andhra Pradesh. Pour autant, ont-ils acquis un droit à la ville, plein et entier, comme défini par H. Lefebvre ? Une première réponse vient du modèle urbain et de sa mise en œuvre, celui de la ville inclusive choisi par les autorités. Quelle est l'étendue du droit accordé et qui est en capacité de s'en emparer ? Grâce à des travaux de terrain nous avons pu constater que le gouvernement d'Andhra Pradesh accorde inégalement des droits dans la ville, il ne permet pas un « droit à la ville » entier. Seuls les propriétaires fonciers peuvent tirer parti du modèle spéculatif voulu à Amaravati. Cette situation de production d'une ville à neuf démontre que le droit à la ville demeure une conquête collective soumise aux ambitions de groupes sociaux concurrents.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais The question of the « right to the city » in the South is more acute for countries in the process of rapid urbanization, such as China or India. These new urban spaces are the subject of mega-projects that reshape and extend traditional urban landscape challenging the right to the city of present residents, causing the displacement of the most disadvantaged. However, there are situations where the right to the city is granted, as in Amaravati, the new capital of Andhra Pradesh in South India. Over the entire project area (200 km²), in 2015 the villagers were plunged abruptly into the urban world by decisions of the Andhra Pradesh government. However, have they all acquired a full unrestricted right to the city as defined by H. Lefebvre ? A preliminary response comes from the urban model and its implementation, that of the inclusive city chosen by the authorities. What is the scope of the right granted and who is able to grasp hold of it ? The Authors'fieldwork has shown that the government of Andhra Pradesh grants some rights in the city unequally. It does not allow a complete “right to the city.” Only landowners can take advantage of the speculative model planned for Amaravati. This situation of the creation of a city from scratch shows that the right to the city remains a collective conquest subjected to the ambitions of competing social groups.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=AG_729_0135 (accès réservé)