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Titre Réflexions sur la déchéance de nationalité en contexte terroriste – (pluri)appartenance et (sous)citoyenneté en France et au Maghreb
Auteur Delphine Perrin
Mir@bel Revue L'année du Maghreb
Numéro no 22, 2020 Dossier : Les partis islamistes ont-ils vraiment changé ?
Rubrique / Thématique
Varia
Page 233-250
Résumé Depuis plus de vingt ans, les actes terroristes se sont développés et diffusés, touchant de nombreuses parties du monde, dans un contexte post-guerre froide, marqué par une violence disséminée et déterritorialisée (Badie, 2016). La plupart des attentats affectant l'espace euro-méditerranéen, ainsi que l'Afrique et le Moyen-Orient, se revendique d'une guerre de civilisations, d'un islamisme djihadiste associé à divers groupes tels qu'Al-Qaïda et depuis plus récemment l'autoproclamé « État islamique » (aussi connu sous le nom de Daesh). Ils sont généralement commis par des nationaux qui frappent leur propre pays. Si leurs profils sont variés, certains d'entre eux sont dotés d'une seconde nationalité et, en Europe, ils ont souvent des origines familiales étrangères. Tandis que le terrorisme qui avait affecté l'Europe pendant la guerre froide (la Fraction armée rouge en République fédérale d'Allemagne, les Brigades rouges en Italie, Action directe en France) avait été abordé sous un angle endogène, sans mettre en jeu la question de la nationalité en dépit d'un ancrage politique déjà transnational, la mise en cause de l'appartenance nationale constitue un biais primordial par lequel une majorité d'États européens s'attaque au « nouveau terrorisme » qui les affecte. Les pays maghrébins, eux aussi frappés et concernés, abordent relativement peu le terrorisme sous cet angle. La variable « islamiste » est-elle susceptible d'expliquer l'évolution du cadre et de l'utilisation de la déchéance de nationalité, et les variations d'approche entre les États du pourtour méditerranéen ?
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais For more than twenty years, terrorist acts have multiplied and spread, affecting many parts of the world, in a post-Cold War context marked by disseminated and deterritorialized violence (Badie, 2016). Most of the attacks affecting the Euro-Mediterranean space, as well as Africa and the Middle East, are claimed to be conducted in the name of a war between civilizations, by jihadist Islamists associated with various groups such as Al Qaeda, and more recently by the self-proclaimed «Islamic State» (also known as Daesh). They are generally committed by European nationals who strike their own country. Even though their profile vary, some are bi-nationals and, in Europe, they often have foreign family origins. The form of terrorism which had affected Europe during the Cold War (the Red Army Fraction in the Federal Republic of Germany, the Red Brigades in Italy, or Direct Action in France) had been handled from an endogenous angle, without bringing the issue of nationality into question despite a similar transnational political situation. In the case of this “new terrorism”, most European states envisage the problem through the central question of national affiliation. In contrast, the Maghreb countries, who are also confronted with the problem of terrorism, do not generally approach it from this angle. Is the variable «Islamist» likely to explain the evolution of the legal framework and the use of forfeiture of nationality, as well as the various approaches between the States around the Mediterranean?
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne http://journals.openedition.org/anneemaghreb/6536