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Titre Re-defining the Stay-behind Indonesian Men: Changing Masculinities in the Context of Women's Transnational Migration
Auteur Herbary Zhang
Mir@bel Revue Moussons : Recherche en Sciences Humaines sur l'Asie du Sud-Est
Numéro no 35, 2020 Recherche en sciences humaines sur l'Asie du Sud-Est
Rubrique / Thématique
Articles
Page 187-211
Résumé Au cours des quatre dernières décennies, la migration internationale de personnes engagées dans des travaux intérimaires est devenue une stratégie de subsistance majeure pour les habitants des zones rurales en Indonésie. Plus de 80 % des migrants contractuels enregistrés par le Bureau of Manpower, Employment and Trainin (BMET) étaient des personnels soignants et des femmes de ménage embauchées à Taiwan, à Hong Kong, en Malaisie et à Singapour. La féminisation de la migration a catalysé une profonde transformation des relations entre les sexes dans les communautés traditionnelles, car les hommes qui restent au pays sont de plus en plus contraints de réviser leurs conceptions traditionnelles de la masculinité en l'absence de leurs épouses. Basé sur une recherche ethnographique de 12 mois menée à Hong Kong et en Indonésie, cet article rend compte des changements qui s'opèrent dans les relations entre les sexes dans le contexte d'une nouvelle économie mondiale qui intègre de plus en plus les femmes de la classe ouvrière à l'exclusion des hommes. La thèse qui y est developpée est que les hommes au foyer restés au pays, en dépit de la précarité économique, peuvent assumer de nouveaux rôles tels ceux d'acteurs principaux de l'éducation et du soin des enfants ou encore celui d'assurer de manière secondaire les finances du foyer, compensant ainsi leur incapacité à jouer le rôle de pilier de famille traditionnel. En partant de la littérature féministe anglophone sur les « failed patriarchs » qui suppose que les hommes de la classe ouvrière, ne pouvant pas rivaliser avec leur épouse devenue pourvoyeuse de la famille, évitent dans le même temps les travaux ménagers, cette recherche soutient que certains hommes restés au foyer, en effectuant les tâches traditionnellement dévolues aux femmes, expérimentent ce qui est considéré comme un rôle dévolu à la femme dans leur société traditionnelle. Ils participent à la garde d'enfants, au ménage et à la gestion financière, ceci en plus d'effectuer un travail salarié en dehors du foyer. Cette étude, en bref, engage la littérature naissante sur les masculinités et la migration en conceptualisant la manière dont les hommes de la classe ouvrière incarnent une pluralité de masculinités marginalisées – c'est-à-dire des masculinités subordonnées en raison de facteurs tels que la classe, le pays ou la communauté d'origine, la sexualité, le genre et d'autres axes de domination – en réponse à l'érosion du modèle du soutien de famille masculin.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais Over the last four decades, international contract migration has become a major livelihood strategy for rural denizens in Indonesia; more than 80% of the contract migrants recorded by the Bureau of Manpower were women caregivers and housekeepers to Taiwan, Hong Kong, Malaysia, and Singapore. The feminization of migration has catalyzed a profound transformation in gender relations in sending communities, as men who stay behind are increasingly forced to renegotiate their gender practices in the absence of their wives. Based on 12 months ethnographic research conducted in Hong Kong and Indonesia, this paper situates changes in gender relations in the context of a new global economy that increasingly incorporates working-class women to the exclusion of men. I argue that left-behind men, despite economic precarity, may take on new roles as primary child caretakers and secondary providers to compensate for their inability to play the traditional breadwinner role. Departing from the feminist literature on “failed patriarchs,” which has assumed that working-class men shun housework because they cannot cope with female breadwinning, my study argues that some left-behind men experiment with women's gender roles by partaking in childcare, housekeeping, and financial management, even while engaging in waged labor outside the home. My study, in short, engages the burgeoning literature on masculinities and migration by conceptualizing the manner in which working-class men embody a plurality of marginalized masculinities—masculinities that are subordinated due to class, race, sexuality, gender, and other axes of domination—in response to the erosion of the male breadwinner model.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne http://journals.openedition.org/moussons/6226