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Titre « De petits refus » : Conflits associatifs avec la municipalité et engagement électoral dans les cités
Auteur Samir Hadj Belgacem
Mir@bel Revue Sociétés contemporaines
Numéro no 118, 2020/2 Des classes populaires et des associations : quelles redéfinitions des rapports au politique ?
Rubrique / Thématique
Des classes populaires et des associations : quelles redéfinitions des rapports au politique ?
Page 51-78
Résumé L'objet de cet article est de montrer le rôle des conflits associatifs dans les logiques d'engagement électoral dans les cités d'habitat social. À partir d'une enquête sociohistorique dans une ville anciennement communiste, il s'agit d'étudier comment les relations conflictuelles avec les élus (et plus largement l'administration municipale) contribuent à la politisation des responsables d'associations s'occupant de l'encadrement de la jeunesse des cités. Les contentieux concernent principalement l'attribution de subventions et de locaux, et l'absence de reconnaissance du travail des éducateurs investis dans l'animation associative. Les interactions avec la municipalité et les élus structurent la vision des militants associatifs et sont souvent à l'origine de leur mobilisation électorale. Ces « petits refus », pour reprendre le terme des enquêtés sont à l'origine de conflits qui peuvent mener à un engagement électoral local allant de la simple défiance de l'autorité municipale à l'opposition au sein d'autres listes. L'article s'appuie sur des monographies d'associations (proposant des activités sportives, artistiques et culturelles en direction de la jeunesse des quartiers) créées au cours des années 1980 et 1990, ainsi que sur les archives électorales des élections municipales en 1995 et 2001. Il mobilise également les témoignages des dirigeants associatifs comme des élus communistes. Alors que les militants de la gauche municipale considèrent les problèmes avec ces associations et leurs dirigeants comme mineurs et infrapolitiques, ces derniers participent pourtant activement à la politisation des acteurs associatifs, qui font souvent figure de porte-parole. Il s'agira d'envisager d'abord la politisation des acteurs associatifs à travers les conflits avec la municipalité puis les logiques d'engagement électoral dans une visée contestataire.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais This article shows how conflicts between community associations and local power lead to electoral commitment in underprivileged neighborhoods. This work is based on historic and ethnographic investigations in a former communist city. Through the studies of three community associations, created between the 1980s and the 1990s and involved in sport and theater activities, the author identifies different difficulties that voluntary leaders have experienced. Some of these leaders explained their commitment in local elections, during the 2000s, is due to the lack of grants and premises for their association or the absence of recognition of volunteer work in the poor neighborhoods. The role of ‟small rejections” is central to understand their electoral commitment. In particular, because of the councilors did not detect these problems as political even if they strongly contribute in the process of politicization of volunteers. Firstly, this article deals with the perception of social injustice and discrimination experienced by the voluntary leaders, it then analyses their electoral mobilization.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=SOCO_118_0051