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Titre Cultiver « la résistance » dans les campagnes colombiennes : comment le quotidien devient politique
Auteur Mathilde Allain
Mir@bel Revue Actes de la recherche en sciences sociales
Numéro no 235, décembre 2020 Résistances populaires
Page 32-47
Résumé Dans le contexte du conflit colombien, les paysans tentent de rester sur leurs terres dans des conditions socioéconomiques difficiles et malgré la pression qu'exercent divers acteurs armés sur ces territoires. Dans cette situation, comment expriment-ils et transmettent-ils leur insoumission ? L'ethnographie du quotidien permet de replacer les gestes, les attitudes et les mots dans le contexte de violence des campagnes colombiennes et d'appréhender les différentes formes de résistances développées par les habitants. Dans cette situation de contrainte extrême, « résister » consiste à rester sur ses terres, à les cultiver et à s'y maintenir en vie. Le quotidien devient ainsi politique : les habitants redéfinissent leurs pratiques agricoles telles des résistances, et cet esprit d'insoumission se cultive et se transmet dans les campagnes. L'alliance des littératures portant sur les résistances populaires et sur l'action collective en contexte de contrainte permet de penser les liens entre engagement et non-engagement, non pas comme des passages de l'un à l'autre mais comme une possibilité d'appréhender le rapport des non engagés à la mobilisation.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais In the context of the Columbian conflict, peasants are striving to remain on their land despite adverse socio-economic conditions and the pressure exercised by diverse armed actors on these territories. In this situation, how do they express and voice their subversion ? Ethnography of their daily life is a way to reposition their acts, attitudes and words in the context of violence-prone rural areas in Columbia and to capture the various forms of resistance deployed by local farming communities. In a context of extreme violence, “resisting” consists in remaining on one's land, continuing to cultivate it, and staying alive. Daily life thereby becomes political : local communities redefine their farming practices as modalities of resistance, and this spirit of insubordination is cultivated and reproduced across rural areas. Combining scholarship on popular resistance and collective action in constrained contexts can thereby help to analyse the relationship between action and inaction not as a shift from one to the other : it opens the possibility, rather, of inaction as a form, itself, of mobilization.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=ARSS_235_0032 (accès réservé)