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Titre Dire la blancheur chez les Businenge en Guyane. Pratiques de catégorisation et racialisation des rapports sociaux
Auteur Isabelle Léglise, Clémence Léobal, Bettina Migge
Mir@bel Revue Cahiers des Amériques Latines
Numéro no 93, 2020 Relations sociales, relations ethno-raciales dans les trois Guyanes
Rubrique / Thématique
Dossier. Relations sociales, relations ethno-raciales dans les trois Guyanes (Guyana, Suriname, Guyane française)
Page 73-92
Résumé Cet article vise à analyser des catégorisations de la majorité raciale dans une langue minoritaire, afin de saisir ces dynamiques de racialisation depuis la perspective de personnes minorisées. Il s'agit de catégories utilisées en Guyane par des personnes businenge – des Marrons –, locuteurs des variétés de nenge.Nous étudions ainsi les désignations renvoyant à la blancheur, comme bakaa, weti et poyte, dans une perspective historique, à partir de dictionnaires anciens, puis contemporaine, en nous appuyant sur des données collectées ethnographiquement. Puis nous analysons des interactions à l'hôpital de Saint-Laurent-du-Maroni, en combinant la sociologie des rapports sociaux et des approches sociales du langage ancrées dans l'ethnographie.La distinction entre bakaa et weti permet de penser la race comme rapport de pouvoir, où disparaît l'évidence du marqueur biologique de couleur. Nommer la blancheur s'avère aussi un moyen de proposer une perspective critique de l'ordre social.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais This article investigates ethnoracial categorizations designating the majority in a minority language and their uses and meanings in everyday interactions to grasp the dynamics of racialization from the perspective of minorized people. The investigation focuses on the varieties of the language called Businenge Tongo locally or Eastern Maroon Creoles spoken by Maroon populations resident in French Guiana and Surinam.We first examine the different terms used to refer to whiteness such as bakaa, weti and poyte from a historical perspective on the basis of historical documents, before examining their uses in contemporary conversational recordings. The analysis in the final part focuses on interactions at the hospital of Saint-Laurent-du-Maroni. It combines two approaches: the sociology of social relations and social approaches to language rooted in ethnography. The distinction between bakaa and weti makes it possible to imagine race as a power relation, where the evidence of the biological marker of color disappears. Naming whiteness is also a way of providing a critical perspective of the social order.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne http://journals.openedition.org/cal/10631