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Titre Artefacts organiques et corps humains artefactuels dans les anciens rites du « cycle de vie » en Nouvelle-Irlande (Mélanésie)
Auteur Brigitte Derlon
Mir@bel Revue Cahiers d'anthropologie sociale
Numéro no 19, 2019 Reconfigurer le vivant
Page 141-158
Résumé Les anciens rites funéraires de Nouvelle-Irlande (Mélanésie) opéraient une « reconfiguration du vivant » en associant pour quelques heures le crâne préservé du défunt et une sculpture de bois (malanggan) fabriquée puis détruite lors de la cérémonie. La quête du sens de cette pratique conduit à mettre au jour les multiples analogies rituelles entre corps humains et artefacts dans l'ensemble des rites du « cycle de vie » où les personnes sont assimilées à des sculptures, tandis que les sculptures funéraires sont traitées comme des personnes. Depuis la naissance jusqu'à la mort en passant par l'initiation féminine et masculine, ces rites opèrent à des moments-clefs de l'articulation du principe spirituel vital et du corps humain, quand les proches de la personne doivent contribuer à faire, à renforcer ou à défaire cette association. Siège de l'incarnation fugace d'une présence surnaturelle, la sculpture funéraire à travers laquelle se rejoue la naissance et la mort de la personne est aussi conçue comme une image mentale qui se matérialise provisoirement dans un corps de bois et survit à sa destruction en perdurant dans la mémoire des hommes. La reconfiguration de l'humain à l'œuvre dans la réunion de la sculpture et de la relique allait de pair avec la reconfiguration (ou reproduction) de la société assurée par les multiples transferts de biens matériels et immatériels effectués dans le cadre des rites funéraires, dont les droits de reproduction des sculptures malanggan.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais In the ancient funerary rites of New Ireland (Melanesia) a « reconfiguration of the living » occured when the preserved skull of the deceased was associated for a few hours with a wooden sculpture (malanggan) made during the ceremony and later on (then instead of later on) destroyed. The search for the meaning of this practice leads to the discovery of multiple ritual analogies between human bodies and artifacts in all the rites of the « life cycle », people being treated as sculptures and funerary sculptures as persons (where people are assimilated to sculptures, while funerary sculptures are treated as persons). From birth to death, through female and male initiation, these rites operate at key moments in the articulation of the vital spiritual principle and the human body, when the person's relatives must contribute to making, strengthening (reinforcing) or undoing this association. As an incarnation of a supernatural presence, the funerary sculpture through which the birth and death of the person is replayed is also conceived as a mental image that temporarily materializes in a wooden body and survives its destruction by remaining in the memory of men. The reconfiguration of the human at work in the assemblage of the sculpture and the relic happened at the very moment when the reconfiguration (or reproduction) of society is ensured by the multiple transfers of material and immaterial goods carried out during funeral rites, including the copyrights of Malanggan sculptures.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=CAS_019_0141 (accès réservé)