Contenu de l'article

Titre Récits et contre-récits dans le droit. Usages et critiques du narrativisme juridique dans la Critical Race Theory
Auteur Julie Saada
Mir@bel Revue Droit et société
Numéro no 108, 2021/2 La "Critical Race Theory" est-elle exportable en France ?
Rubrique / Thématique
Dossier. La Critical Race Theory est-elle exportable en France ?
Page 319-335
Résumé Mobilisé par la Critical Race Theory comme par certaines études féministes, le legal storytelling constitue une forme d'écriture spécifique du droit, une critique sociale et une épistémologie. Parce qu'il décrit des expériences subjectives vécues par un narrateur incarné, ce type de récit introduit dans les études juridiques des récits d'expériences singulières visant à montrer la manière dont le droit construit et reproduit les hiérarchies de genre et de race en décrivant les effets de ce droit sur des individus singuliers. Le procédé vise à déstabiliser l'apparence de rationalité du droit, à dénoncer la façon dont l'abstraction du langage juridique est associée à la reproduction de dominations et à offrir une critique située proche du standpoint. S'appuyant sur plusieurs récits (Susan Estrich, Martha Mahoney, Patricia Williams et Abrams Kathryn), l'article dégage les enjeux juridiques et épistémologiques du legal storytelling dans la Critical Race Theory.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais Mobilized by Critical Race Theory and feminist studies, legal storytelling constitutes a specific form of writing about law, a social critique, and an epistemology. Because it describes subjective experiences lived by an embodied narrator, this type of storytelling introduces into legal studies narratives of singular experiences to show how law constructs and reproduces gender and racial hierarchies by describing its effects on particular individuals. The practice aims to destabilize the appearance of the rationality of law, denounce how the abstraction of legal language is associated with the reproduction of dominations, and offer a situated critique that is close to the standpoint methodology. Relying on several narratives (Susan Estrich, Martha Mahoney, Patricia Williams, and Abrams Kathryn), the article identifies the legal and epistemological issues of legal storytelling in Critical Race Theory.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=DRS1_108_0319