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Titre Intertextuality as Subversive Moral Metacomment in the Novels of Anita Brookner
Auteur Eileen Williams-Wanquet
Mir@bel Revue Etudes anglaises
Numéro vol. 74, no 2, avril-juin 2021 “Due Influence”: Anita Brookner's Legacy
Rubrique / Thématique
Articles
Page 140-154
Résumé Il est possible de se fonder sur des éléments autobiographiques pour explorer les phénomènes d'intertextualité si fréquents dans les vingt-quatre brefs romans d'Anita Brookner. Ces références intertextuelles ont souvent été ignorées, ou bien considérées comme signe de snobisme intellectuel. Même si la critique est assez unanime à reconnaître l'élégance classique du style de Brookner, concis et contrôlé, ainsi que son intuition psychologique et son ironie, ses œuvres ont trop souvent été lues comme des versions allégées et assez ennuyeuses de romances de type Harlequin, anti-féministes et résolument pré-modernistes. Cet article montre que la fiction très cohérente de Brookner pose continuellement la même question éthique : « Comment aurais-je dû vivre ma vie ? ». Brookner utilise de nombreuses références intertextuelles (à la fois à la littérature et à l'art) pour offrir une réflexion philosophique sur la constitution du sujet, les capacités de l'être humain, et le dilemme éthique fondamental et éternel qu'est la division entre soi et autrui — grande question éthique que Zygmunt Bauman définit comme « mise en synchronie des conduites individuelles et du bien-être collectif » (4). En éclairant et en interrogeant la tradition européenne du dualisme cartésien, tel qu'il se manifeste dans l'humanisme libéral, ces romans proposent une réflexion résolument post-moderne sur le rationalisme chrétien de la modernité, qui sous-tend toute une culture et trouve son expression dans sa littérature.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais The autobiographical element in Anita Brookner's twenty-four short novels can be taken as a starting point to explore the role played by the pervasive intertextuality. This has often been ignored or taken to be simply a form of intellectual snobbery. Although critics tend to be unanimous in praising her classically elegant, concise and controlled style, psychological insight and wit, Brookner has too often been read as a soft option and her novels as rather boring anti-feminist and resolutely pre-modern Harlequin romance for bluestockings. This article shows how, by constantly addressing the ethical question “How should my life have been lived?” Brookner's monolithic fiction uses the numerous intertextual references to literature and to art in order to offer a philosophical reflection on subject-formation, on the power of the human subject, and on the age-old fundamental ethical dilemma of the split between self and other, which is ethics' great issue, defined by Zygmunt Bauman as the “synchronization of individual conduct and collective welfare” (4). By bringing to light and challenging the western tradition of Cartesian dualism in its liberal-humanist version, these novels offer a resolutely postmodern reflection upon Modernity's Christian Rationalism, that underpins an entire culture and is embodied in its literature.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=ETAN_742_0140 (accès réservé)