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Titre L'aménagement d'un centre-ville sans voiture à Oslo : véritable politique de restriction automobile ou simple requalification de l'espace public consécutif à l'effacement du trafic motorisé ?
Auteur Grégoire Tortosa
Mir@bel Revue Flux
Numéro no 127, 2022/1
Page 48-64
Résumé L'alternance politique à la municipalité d'Oslo en 2015 a amené aux affaires une coalition travaillistes-socialistes-écologistes qui, depuis, porte l'ambition de faire du centre-ville d'Oslo le plus vaste espace piéton d'Europe. Depuis 2018, la municipalité déploie ainsi son projet de « vie urbaine sans voiture » qui vise progressivement à chasser l'automobile du centre-ville et à réattribuer une nouvelle fonction aux espaces publics reconquis. Alors que cette entreprise est présentée par ses protagonistes comme une ambitieuse mesure de restriction automobile, en rupture avec la politique de mobilité des années passées, cet article défend la thèse qu'elle constitue, en réalité, le prolongement et la dernière phase d'un long processus, entamé depuis les années 1990, d'effacement des réseaux routiers de surface, participant tout autant à fluidifier la circulation automobile qu'à rouvrir la ville sur son front de mer. Ainsi, Oslo présente l'originalité d'une situation urbaine où la quête d'accroissement des capacités routières des années 1990, a permis, 25 ans plus tard, la piétonnisation d'un centre-ville, déchargé du trafic automobile. L'approche automobile de la mobilité, propre au paradigme de la ville moderne, et celle omnimodale, propre à celui de la ville durable, ailleurs opposées et concurrentes, semblent ici former un continuum, la première ayant permis l'avènement de la seconde. L'espace actuellement soustrait à la voiture en surface, au profil des modes alternatifs a, en effet, été largement compensé et précédé par le creusement d'un réseau routier souterrain destiné à faciliter la circulation automobile.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais The 2015 political turnover at the municipality of Oslo brought to power a Labour-Socialist-Green coalition which, since then, has strived to make Oslo's city centre the largest pedestrian space in Europe. Since 2018, the municipality has rolled out its “car-free urban life” project which aims at progressively chasing automobiles out of the city centre and giving a new purpose to the regained public spaces. While this endeavour is presented by its initiators as an ambitious automotive-restricting measure, and a shift from the mobility policies of the previous years, this article argues that it is, in fact, the continuation and last step of a longer process, launched in the 1990's: the removal of ground road networks, aimed at decongesting automotive traffic as well as reopening the city-centre onto its seafront. Thus, Oslo offers a very peculiar urban situation: the search for an increased road capacity in the 1990's allowed, 25 years later, the city centre being exclusively pedestrian and freed from automotive traffic. While the automotive-centred approach to mobility—specific to the modern city paradigm—and the omnimodal approach—specific to the sustainable city paradigm- are elsewhere opposed and mutually exclusive, they seem to form, in Oslo, a continuum, the former having paved the way to the latter. Indeed, the ground lost by automotive mobility in surface, at the benefits of alternative transports, was preceded and largely offset by the tunnelling of an underground road network which facilitates automotive traffic.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=FLUX1_127_0048