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Titre Les violences extrêmes et le monde universitaire
Auteur Omer Bartov
Mir@bel Revue Revue internationale des sciences sociales
Numéro no 174, décembre 2002 Violences extrêmes
Rubrique / Thématique
Violences extrêmes
Page 561
Résumé Explorant ici les rapports entre les violences extrêmes et la pensée universitaire, je commence par dire que la profession en a été complice en préparant l'état d'esprit, en fournissant la justification rationnelle et en apportant le savoir-faire et le personnel requis pour l'exercice d'une violence de masse décidée par un État. Pourtant, j'affirme qu'elle ne peut analyser et expliquer les formes modernes extrêmes de la violence sans réviser ses propres paradigmes de recherche et d'interprétation. Je poursuis en posant la nécessité de comprendre les mécanismes qui poussent personnellement tel ou tel chercheur à prendre part ou à résister à l'atrocité, car cela permettrait sans doute de modifier plus facilement la formation dans le souci et le sens d'une plus grande résistance aux crimes perpétrés avec la bénédiction d'un État. Inversement, je note que le vécu personnel de certains chercheurs qui étudient les violences extrêmes exerce inévitablement un effet sur leurs travaux : pour y avoir été soumis, ou y avoir soumis autrui, comprennent-ils mieux et pénètrent-ils plus profondément le phénomène, ou sont-ils d'une partialité telle qu'elle en invalide leurs conclusions ? J'en déduis que la notion même d'analyse objective se trouve battue en brèche face à des événements qui font voler en éclats les normes et les conventions de l'existence ordinaire. Pour conclure, je me livre à quelques réflexions sur les réactions des milieux universitaires au terrorisme international.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=RISS_174_0561