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Titre Buenos Aires, Londres, New Jersey : Errico Malatesta, engagement et vie transnationale d'un Italien anarchiste
Auteur Davide Turcato
Mir@bel Revue Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique
Numéro no 156, janvier-mars 2023 Migrant·es engagé·es
Rubrique / Thématique
DOSSIER
Page 37-55
Résumé L'exil d'Errico Malatesta (1853-1932), une des figures les plus importantes de l'anarchisme, se prête à différentes clés de lecture. L'historiographie traditionnelle privilégie une lecture irrationnelle qui fait des anarchistes des « chevaliers errants », déracinés et toujours vagabondant à la merci des événements. Le point de vue adopté ici est au contraire d'analyser l'exil anarchiste selon l'optique de l'émigration italienne. De ce point de vue, l'exil, en particulier celui de Malatesta dont il est question, n'est plus un vagabondage sans but, mais un ensemble de mouvements incessants, effectués au sein d'une communauté transnationale qui va de la Méditerranée à l'Atlantique. L'article montre comment la prise en compte de l'exil anarchiste, numériquement minoritaire dans l'émigration italienne, mais culturellement significatif, qui ajoute ses propres dynamiques aux dynamiques migratoires, enrichit l'étude de l'émigration italienne. Par ailleurs, la prise en compte de la question migratoire permet de mieux appréhender l'anarchisme en tant que projet politique qui s'appuie sur l'émigration pour soutenir la lutte menée en Italie.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais The exile life of Errico Malatesta (1853-1932), one of the best-known anarchists worldwide, lends itself to different interpretations. The quixotic and ultimately irrationalistic one favoured by mainstream historiography looks upon the anarchists' wanderings as those of uprooted knights errant always at the mercy of events. In contrast, I analyse anarchist exile in the context of Italian migration, through the life of a key figure. In this light, anarchist exile no longer seems an aimless wandering, but rather a seamless and dense web of movements within a transnational community that comprised the Mediterranean Sea and the Atlantic Ocean. On the one hand, the study of anarchist exile adds to our understanding of Italian migration. Anarchist exile represented only a fraction of that migration, but it was a culturally significant component, which added its own dynamics to those of migration at large. On the other hand, the study of migration deepens our understanding of anarchism as a political project that deliberately relied on migration to supply lifeblood to a prolonged struggle in the homeland.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne https://journals.openedition.org/chrhc/21019