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Titre Inflation et pouvoir de marché des entreprises : leçons des crises récentes
Auteur Benoît Cœuré
Mir@bel Revue Revue d'économie financière
Numéro no 153, 1er trimestre 2024 Les inflations
Rubrique / Thématique
Quelles voies de retour vers la stabilité ?
Page 249-263
Résumé Économistes et banquiers centraux se sont interrogés sur la responsabilité des entreprises dans l'envolée de l'inflation en 2022-2023. En augmentant leurs prix de vente, les entreprises auraient contribué à la propagation, voire à l'amplification du choc de coût. Sur une longue période, des évolutions structurelles ont pu renforcer le rôle des entreprises (par opposition à celui des salariés) dans la dynamique de l'inflation, mais, à court terme, le lien entre pouvoir de marché des entreprises et transmission des chocs de coût est ambigu. Des entreprises plus puissantes facturent, certes, des prix plus élevés, mais elles ont aussi une plus grande capacité à absorber des chocs temporaires. Au total, une « boucle prix-profits » s'est bien matérialisée en 2002-2023, mais elle semble avoir été un phénomène temporaire, moins marqué en France qu'ailleurs en Europe. En 2024 et au-delà, alors que les prix de l'énergie se normalisent, que les salaires accélèrent et que l'inflation revient progressivement vers 2 %, il conviendra de suivre avec attention la normalisation des taux de marge des entreprises et d'éviter des rigidités à la baisse qui entretiendraient l'inflation. La politique de la concurrence peut jouer un rôle utile en identifiant les rentes sectorielles et en sanctionnant les comportements susceptibles d'amplifier la hausse des prix. Classification JEL : E31, E64, L1.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais Economists and central bankers have discussed the responsibility of businesses in the inflation surge of 2022-2023. By raising their sales prices, companies may have contributed to the spread, and even the amplification, of the cost shock. Over the long term, structural changes can have strengthened the role of companies (as opposed to workers) in driving inflation, but in the short term, the link between market power and the transmission of cost shocks is ambiguous. Larger companies do charge higher prices, but they are also more able to absorb temporary shocks. In general, “profitflation” did materialize in 2002-2023, but it seems to have been a temporary phenomenon, less pronounced in France than elsewhere in Europe. In 2024 and beyond, as energy prices normalize, wages rise, and inflation gradually returns to 2%, it will be important to closely monitor the return to normal corporate margins and to avoid downward rigidities that would sustain inflation. Competition policy can play a useful role in identifying sectoral rents and punishing behavior likely to contribute to price increases. JEL classification: E31, E64, L1.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne https://shs.cairn.info/revue-d-economie-financiere-2024-1-page-249?lang=fr (accès réservé)