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Titre Qui supporte le coût de la transition environnementale ? Penser les inégalités face aux risques sociaux liés au changement climatique
Auteur Anne-Laure Beaussier, Tom Chevalier, Bruno Palier
Mir@bel Revue Revue française des Affaires sociales
Numéro no 1, janvier-mars 2024 Risques et injustices socio-environnementaux. savoirs, expertises et actions publiques
Rubrique / Thématique
Injustices environnementales et vulnérabilités sociales
Page 207-230
Résumé Alors que les questions liées à la transition juste occupent une place de plus en plus importante dans les débats politiques, la question des risques sociaux générés par le changement climatique et par les politiques visant à en atténuer la portée reste peu étudiée. De nombreuses lacunes subsistent pour comprendre quels sont ces risques, qui seront affectés et par quels mécanismes. Les risques liés au changement climatique affectent-ils les mêmes groupes de population de la même manière que les risques sociaux traditionnels ? Ou créent-ils de nouveaux schémas d'insécurité pour de nouvelles populations ? Alors que la plupart de la littérature part du présupposé que les groupes de population les plus pauvres souffriront le plus des inégalités environnementales, nous soutenons dans cet article que se concentrer sur les niveaux de revenu n'est pas suffisant pour comprendre les caractéristiques et la distribution des risques socio-environnementaux. Au lieu de cela, nous proposons d'esquisser une analyse des profils de risques sociaux associés au changement climatique, qui s'appuie sur la distinction entre deux principaux types de risques : les risques directement liés au changement climatique (inondations, vagues de chaleur, etc.) et les risques indirects, produits par les politiques environnementales elles-mêmes. Nous soutenons que pour chacun de ces risques, les profils des personnes à risques ne sont pas similaires. Les risques sociaux directs sont en priorité liés aux variables de localisation et de niveau de revenu : les populations les plus pauvres vivant dans les zones exposées sont en effet plus à risques. Les risques « indirects » touchent différents groupes de population, à commencer par les travailleurs faiblement et moyennement qualifiés appartenant à la classe moyenne inférieure et vivant en dehors des grandes villes. La profession et le lieu d'habitation, plus que le niveau de revenu, sont ici d'une importance cruciale. Cela se traduit dans les attitudes politiques envers les politiques environnementales puisque l'opposition à l'action climatique – ici la taxe carbone – est maximale chez les groupes de populations les plus exposées aux conséquences économiques et sociales des politiques de décarbonation.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais Who Bears the Cost of the Environmental Transition ? Understanding the Unequal Distribution of the Social Risks Associated with Climate Change While the notion of just transition is playing an increasingly important role in political debates, there has been little study of the social risks associated with climate change and with the policies aimed at mitigating its impacts. There are still many gaps in our understanding of what these risks are, who will be affected and by what mechanisms. Do they affect the same population groups in the same way as traditional social risks ? Or are they creating new patterns of insecurity for new populations ? While most of the literature assumes that the poorest population groups will suffer most from environmental inequalities, in this article we argue that focusing on income levels is not sufficient to understand the characteristics and distribution of socio-environmental risks. Instead, we intend to outline an analysis of the social risk profiles associated with climate change, based on a distinction between two main types of risk : risks directly linked to climate change (floods, heat waves, etc.) and indirect risks, produced by environmental policies themselves. We argue that for each of these risks, the profiles of those at risk vary. (1) Direct social risks are primarily linked to location and income variables : poor people living in exposed areas are more at risk. (2) Indirect risks affect different population groups, starting with low-and medium-skilled workers belonging to the lower middle class and living outside major cities. Occupation and location, rather than income level, are of crucial importance here. This is reflected in political attitudes towards environmental policies, since opposition to climate action – in this case the carbon tax – is greatest among the population groups most exposed to the economic and social consequences of decarbonisation policies.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne https://shs.cairn.info/revue-francaise-des-affaires-sociales-2024-1-page-207?lang=fr (accès réservé)