Titre | Construire la totalité. L'« esprit de corps » dans la France du XVIIIe siècle (Voltaire, Diderot, d'Holbach, Helvétius) | |
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Auteur | Matteo Marcheschi | |
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Revue | Astérion |
Numéro | no 31, 2024 L'esprit de corps | |
Rubrique / Thématique | Dossier |
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Résumé |
Le présent article examine, à partir des premières occurrences en français de l'expression « esprit de corps » (Saint-Simon, Voltaire), les présupposés philosophiques et métaphoriques des usages au XVIIIe siècle de ce syntagme. Après avoir analysé la tentative de Voltaire de définir ce qu'est l'esprit de corps dans l'article « ESPRIT » de l'Encyclopédie, j'examine un passage du Rêve de D'Alembert de Diderot, dans lequel l'esprit de corps est ramené à son origine métaphorique : l'esprit de corps apparaît ici comme un esprit du corps, ce qui permet de montrer comment l'usage politique de cette catégorie suppose une certaine précompréhension de ce qu'est le corps physiologique et de la manière dont il se forme. En arrière-plan de l'enquête sur l'esprit de corps, Diderot propose en effet un modèle d'organisme marqué par les rythmes et les dynamiques de l'épigenèse : le corps humain, tout comme le corps politique, se révèle toujours sur le point de se réaliser, redéfinissant à chaque instant, selon un principe de plaisir, ses frontières et les rapports entre les organes qui le composent.C'est dans cette optique que, entre La morale universelle de d'Holbach et De l'esprit d'Helvétius, l'esprit de corps devient l'expression de la tentative du XVIIIe siècle d'interroger les relations entre les individus, les groupes et les sociétés, en dessinant une réalité politique stratifiée et traversée par des rythmes de fonctionnement non univoques, reconnaissant dans les passions – l'estime, notamment – et dans l'intérêt les forces constitutives et dissolvantes des sociétés. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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Résumé anglais |
Starting from the first occurrences in French of ‘esprit de corps' (Saint-Simon, Voltaire), this article investigates this phrase's philosophical and metaphorical presuppositions of eighteenth-century uses. After analysing Voltaire's attempt to define the concept of esprit de corps in the ‘ESPRIT' article of the Encyclopédie, I will examine a passage from Diderot's Rêve de D'Alembert, in which esprit de corps is traced back to its metaphorical origin: esprit de corps here appears as esprit du corps, which shows how the political use of this category implies a certain preunderstanding of what the physiological body is and how it forms. As a background to his enquiry into the esprit de corps, Diderot puts forward a model of the organism marked by the rhythms and dynamics of epigenesis: the human body, like the political body, is permanently on the verge of completion, engaged in redefining its boundaries with the world and the relationships between its constituent organs at every moment, according to the principle of pleasure.From this perspective, between d'Holbach's La morale universelle and Helvétius's De l'esprit, esprit de corps becomes the expression of the eighteenth-century attempt to question the relationships between individuals, groups, and societies, outlining a stratified political reality crossed by non-univocal rhythms of functioning, recognising passions – particularly esteem – and interest as the constitutive and dissolutive forces of societies. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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Article en ligne | https://journals.openedition.org/asterion/11277 |