Titre | « Nombre des hommes » et « populatio » à la fin de la Renaissance : notes sur la généalogie des savoirs démographiques | |
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Auteur | Luca Paltrinieri | |
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Revue | Astérion |
Numéro | no 31, 2024 L'esprit de corps | |
Rubrique / Thématique | Varia |
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Résumé |
Dans un passage de ses cours au Collège de France, Foucault affirme que, avant le XVIIIe siècle, la « population » est un objet « présent-absent » dans les théories et les pratiques de gouvernement. Nous avons essayé de reconstruire l'histoire généalogique des savoirs proto-démographiques du gouvernement chez trois grands théoriciens politiques de la Renaissance : Nicolas Machiavel, Jean Bodin, Giovanni Botero, à partir de cette affirmation énigmatique. Si la problématique de savoir comment avoir une population nombreuse et florissante est bien présente chez les trois penseurs, le vrai obstacle à la naissance d'une conception moderne de la population est représenté par l'impossibilité d'agir directement sur la reproduction humaine, domaine qui relève directement de la volonté divine. Émerge alors, notamment chez Botero, la possibilité d'une politique « incitative », favorisant les mariages et l'éducation des enfants, qui annonce le populationnisme des mercantilistes. L'exemple de la « population » « présente-absente », à travers l'hypothèse foucaldienne, permet de revenir plus largement sur les objets de l'histoire des sciences qui ne sont ni « découverts » ni inventés de toutes pièces ; il faudrait plutôt affirmer que ce sont des objets « en train de se faire », qui acquièrent une réalité graduelle à travers le débat politique et savant. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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Résumé anglais |
In one of his lectures at the Collège de France, Foucault observed that, prior to the eighteenth century, ‘population' was a ‘present-absent' object in the theories and practices of government. In this paper, I have attempted to reconstruct the genealogical history of proto-demographic thought as reflected in the works of three major Renaissance political theorists: Niccolò Machiavelli, Jean Bodin, and Giovanni Botero. While all three thinkers address the question of how to cultivate a large and flourishing population, the primary obstacle to the emergence of a modern conception of population lies in the inability to influence human reproduction directly, an area traditionally regarded as subject to divine will.Botero, however, introduced the possibility of an ‘incentive' policy, promoting marriage and child-rearing, which foreshadowed the natalist policies later advocated by Mercantilists. The case of ‘population' and its peculiar ‘presence-absence' in Renaissance political theories, as interpreted through Foucault's hypothesis, sheds light on the broader history of scientific objects —objects that are neither ‘discovered' nor ‘invented', but rather acquire their reality gradually over centuries through political and scholarly debate. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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Article en ligne | https://journals.openedition.org/asterion/11452 |