Contenu de l'article

Titre L'envers du droit. La législation du travail domestique salarié en Bolivie et au Pérou (xixe-xxie siècles)
Auteur Laura Carpentier-Goffre
Mir@bel Revue Cahiers des Amériques Latines
Numéro no 105, 204 Les migrations africaines contemporaines en Amérique latine
Rubrique / Thématique
Études
Résumé En Bolivie comme au Pérou, les trois pouvoirs ont historiquement été concentrés entre les mains des hommes criollos des classes supérieures, qui employaient tous du personnel domestique. Les premiers instruments de régulation institutionnelle de cette activité portent l'empreinte des intérêts de classe de ceux qui les ont conçus. À partir des années 1960, une brèche a néanmoins commencé à se creuser entre ces deux pays en matière de politisation du triptyque sexe-race-classe. Les contrastes marqués tant dans la lettre que dans l'esprit des lois d'encadrement du travail domestique, dont ces deux pays se sont respectivement dotés en 2003, reflètent ces trajectoires divergentes. Le présent article propose une sociogénèse de l'encadrement légal de la domesticité au prisme des rapports de domination structurels, point de départ d'une réflexion plus large sur les ressorts de l'ineffectivité des droits des travailleuses domestiques à l'échelle globalisée. Il défend la thèse matérialiste selon laquelle, loin d'être un dysfonctionnement contingent, l'ineffectivité des actuelles lois de régulation des rapports ancillaires est efficace du point de vue de ceux qui les conçoivent, les promulguent et qui ont la charge de les faire appliquer lorsque l'appareil d'État est aux mains de la classe des patron·nes.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais In Bolivia and Peru, the three branches of government have historically been in the hands of upper-class criollo men, all of whom employed domestic workforce. The first legal instruments regulating this activity bear the imprint of the class interests of those who designed them. From the 1960s onwards, however, a gap began to widen between these two countries in terms of politicizing the gender-race-class triad. The sharp contrasts in both the letter and the spirit of the laws regulating domestic work that these two countries respectively adopted in 2003 reflect these divergent pathways. This article provides a sociogenesis of the legal framework for paid domestic work in these two countries through the prism of structural power relationships as a starting point for a broader reflection on the reasons for the ineffectiveness of domestic workers' rights on a globalized scale. It supports the materialist thesis that, far from being a contingent dysfunction, the ineffectiveness of current laws regulating ancillary relations is efficient from the point of view of those who conceive them, promulgate them, and are responsible for enforcing them when the state is in the hands of the employer's class.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne https://journals.openedition.org/cal/19563