Titre | Financement des services urbains : pour un nouvel imaginaire : Eau, chaleur et ordures ménagères au défi de la sobriété | |
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Auteur | Isabelle Baraud-Serfaty, Nicolas Crinquant, Hélène Delhay, Clément Fourchy, Nicolas Rio | |
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Revue | Futuribles |
Numéro | no 465, mars-avril 2025 L'Europe au secours de l'industrie | |
Page | 69-84 | |
Résumé |
Afin d'avancer dans la réalisation des objectifs français de transition écologique, les pouvoirs publics agissent à la fois sur l'offre (par exemple, plus d'énergies renouvelables), mais aussi sur la demande, en incitant les citoyens à faire preuve de plus de sobriété. Cette incitation à la sobriété se traduit, entre autres, par des changements de comportements et de modes de vie : réduire le gaspillage, valoriser ses déchets, baisser le thermostat l'hiver, économiser l'eau… Ces comportements plus sobres sont un levier indispensable pour faire face (atténuation comme adaptation) au changement climatique. Mais ils ont un impact, encore peu pris en compte, sur l'économie des services urbains qui repose en général sur l'hypothèse d'une croissance continue des consommations (eau, déchets ménagers, production de chaleur), en lien avec l'évolution démographique et celle des besoins exprimés jusqu'ici. Comme le rappellent les auteurs de cet article, à l'origine d'une étude sur l'impact de la sobriété sur le financement des services urbains, les modèles économiques de ces services ont tous été construits sur cette hypothèse de croissance continue des volumes et sur les gains générés par les économies d'échelle. Or, le contexte a évolué et le modèle économique ne s'y est pas encore adapté. Face à un tel changement de paradigme, il faut repenser le financement des services urbains ; cet article montre pour quelles raisons, au travers de trois cas emblématiques : la distribution d'eau, le ramassage des déchets ménagers et les réseaux de chaleur urbains. Les auteurs invitent les collectivités et les opérateurs de ces services à en revoir l'imaginaire, par exemple en réduisant la taille des infrastructures dédiées, en revoyant la répartition des dépenses entre fonctionnement et investissement, ou en repensant la notion de continuité de service. Le mouvement vers la sobriété, indispensable et dont on escompte qu'il va se confirmer voire se renforcer, a des conséquences systémiques qu'il faut anticiper et auxquelles il faut s'adapter ; cet article en offre une belle illustration. S.D. Source : Éditeur (via Cairn.info) |
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Résumé anglais |
To progress French aims for ecological transition, the public authorities are acting both on the supply side (e.g., renewable energies) and also on the demand side—by encouraging citizens to temper their use of resources. This latter effort involves, among other things, behavioural and lifestyle changes: reducing waste, recycling, lowering the thermostat in winter, using less water etc. More abstemious behaviour of this kind is an indispensable tool for addressing climate change (by mitigation as much as by adaptation). But it has an impact—not much taken into account, as yet—on the economy of urban services, which is generally based on the assumption of a continuous growth of consumption (water, household waste, production of heat etc.) in phase with the development of the population and its needs as expressed hitherto.As we are reminded by the authors of this article, all of them prime movers behind a study on the impact of frugality on the financing of urban services, the economic models for those services have all been built on this assumption of continuous volume growth and the gains generated by economies of scale. But though the context has changed, the economic model has not yet adapted to that change. Given such a paradigm shift, there needs to be a rethinking of how urban services are financed. This article shows why, by looking at three emblematic areas of concern: water distribution, household refuse collection, and urban heating networks. The authors invite the operators of these services and local authorities to reimagine their overall design, for example by reducing the size of dedicated infrastructures, revising the division of costs between operation and investment, or rethinking the notion of continuity of service. The move towards frugality, which is essential and which we can expect to see consolidated and even intensified, has systemic consequences. We have to anticipate these and adapt to them. This article provides an excellent illustration of that fact. Source : Éditeur (via Cairn.info) |
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Article en ligne | https://shs.cairn.info/revue-futuribles-2025-2-page-69?lang=fr (accès réservé) |