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Titre Le débat juridique et religieux sur la sorcellerie en Libye
Auteur Mazek Ayoub
Mir@bel Revue L'année du Maghreb
Numéro no 32, 2024 Dossier spécial : les 20 années du Maghreb
Rubrique / Thématique
Enjeux & débats
Résumé Cet article examine la criminalisation de la sorcellerie en Libye, un acte interdit par le droit musulman mais longtemps non encadré spécifiquement par la législation libyenne. Jusqu'à récemment, la sorcellerie était traitée comme un délit d'escroquerie, selon l'article 461 du Code pénal de 1954. Cependant, avec la montée en puissance du courant salafiste et sa prise de contrôle des institutions religieuses en Libye, la sorcellerie est devenue le centre de certains enjeux. L'Autorité générale des awqāf et Affaires islamiques, à tendance salafiste, inspirée par une ancienne initiative saoudienne, a lancé le programme « ḥaṣīn » pour lutter contre la sorcellerie, accompagné de projets de loi visant à criminaliser ces pratiques avec des sanctions sévères, y compris la peine de mort. En 2024, l'Autorité a réussi à faire adopter la loi n° 6, qui incrimine la sorcellerie, la prestidigitation, la divination et ce qui en relève. Cette loi et le programme « ḥaṣīn » ont suscité de vifs débats. D'un côté, ils sont critiqués pour leur atteinte aux libertés fondamentales, comme la liberté de conscience et le droit à la vie. De l'autre, ils sont perçus comme une tentative d'imposer l'idéologie salafiste, étrangère en Libye selon certains. L'article propose une analyse du contexte et des motivations ayant conduit à l'adoption de cette loi, et de son contenu, à travers notamment le débat juridique et religieux, tout en tenant compte de la situation politique et sociale en Libye.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais This article examines the criminalization of witchcraft in Libya, an act prohibited by Islamic law but long unregulated specifically by Libyan legislation. Until recently, witchcraft was treated as a fraud offense under Article 461 of the 1954 Penal Code. However, with the rise of the Salafi movement and its control over religious institutions in Libya, witchcraft has become a focal point of specific issues. The Salafi-oriented General Authority for Awqaf and Islamic Affairs, inspired by an earlier Saudi initiative, launched the “ḥaṣīn” program to combat witchcraft, accompanied by proposed laws aimed at criminalizing these practices with severe penalties, including the death penalty. In 2024, the Authority succeeded in enacting Law No. 6, which criminalizes witchcraft, conjuring, divination, and related practices. This law and the “ḥaṣīn” program have sparked intense debates. On one hand, they are criticized for infringing on fundamental freedoms such as freedom of conscience and the right to life. On the other hand, they are seen as an attempt to impose Salafi ideology, considered foreign to Libya by some. The article analyzes the context and motivations that led to the adoption of this law and its contents, notably through the legal and religious debate, while considering Libya's political and social situation.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne https://journals.openedition.org/anneemaghreb/13591