Titre | The state makes migration—and migration makes the state? | |
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Auteur | Lorenzo Ghione | |
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Revue | L'année du Maghreb |
Numéro | no 32, 2024 Dossier spécial : les 20 années du Maghreb | |
Rubrique / Thématique | Enjeux & débats |
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Résumé |
Cet article explore la relation entre les politiques migratoires et la consolidation des régimes autoritaires en Tunisie, en se concentrant sur la période suivant le coup d'État du président Kaïs Saïed en 2021. Cette étude contribue à la littérature croissante sur la migration et la construction étatique en montrant comment les politiques migratoires façonnent et sont façonnées par les régimes autoritaires. En s'appuyant sur le cadre de stabilisation autocratique de Gerschewski, l'étude identifie trois composantes des politiques migratoires soutenant la stabilisation autocratique : les ressources financières, la légitimation et la répression. À travers une gestion migratoire sécurisée et politisée, le régime tunisien a obtenu un soutien financier substantiel de l'Europe, tandis que la représentation des immigrés comme des menaces domestiques a légitimé ses politiques de plus en plus autocratiques. La répression, incarnée par les déportations de migrants et les attaques contre les organisations de la société civile, a renforcé le contrôle de l'État. Cette recherche s'appuie sur un travail de terrain approfondi, comprenant des entretiens et une analyse documentaire, pour mettre en lumière comment les politiques migratoires ont soutenu le projet de construction nationale autoritaire de Kaïs Saïed. L'article appelle également à une réflexion approfondie sur les implications du soutien externe aux pratiques autoritaires et souligne le pouvoir transformateur des politiques migratoires en lien avec les structures étatiques. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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Résumé anglais |
This paper explores the relationship between migration politics and authoritarian regime consolidation in Tunisia, focusing on the period following President Kaïs Saïed's coup in 2021. The study contributes to the growing literature on migration and state-building by showing how migration politics shapes and is shaped by authoritarian regimes. Borrowing from Gerschewski's framework of autocratic stabilisation, the study identifies three components related to migration politics underpinning autocratic stabilisation: financial resources, legitimation, and repression. Through a securitised and politicised migration management, the Tunisian regime has secured substantial financial support from Europe while portraying immigrants as domestic threats has legitimised its increasingly autocratic policies. Repression, manifested in migrants' deportations and crackdowns on civil society organisations, has further enhanced state control. This research draws on extensive fieldwork, including interviews and desk-based analysis, to highlight how migration politics has supported Kaïs Saïed's authoritarian nation-building project. The paper also calls for further reflection on the implications of external support for authoritarian practices and underlines the transformative power of migration politics in relation to state structures. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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Article en ligne | https://journals.openedition.org/anneemaghreb/13784 |