Titre | Les relations entre l'Europe du Nord et la Russie post-soviétique à travers le prisme de la conservation de la nature | |
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Auteur | Ian Florin | |
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Revue | L'Espace Politique |
Numéro | no 53-54, 2024/2-3 Penser et faire l'Europe + Géopolitique locale de la ruralité + Varia | |
Rubrique / Thématique | Penser et faire l'Europe à l'échelle locale : une approche par les territoires |
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Résumé |
Dans une démarche de géopolitique critique, cet article montre comment l'Europe a été mobilisée en tant qu'objet géographique pour penser et mettre en pratique la conservation transnationale de l'environnement entre la Finlande, la Norvège et la Russie depuis le sortir de la guerre froide. Il est basé sur une recherche documentaire et quarante entretiens avec des acteurs locaux de l'initiative pour la Ceinture verte de Fennoscandie, qui vise à créer un réseau écologique le long de l'ancien rideau de fer qui se dressait entre l'Europe du Nord et l'Union soviétique. D'abord, il explique comment le développement de la ceinture verte s'est articulé avec l'idée de diffuser les valeurs du projet européen dans la Russie post-soviétique. Ensuite, il montre comment la conservation transnationale de l'environnement est organisée et opère en réalité au niveau local à travers des acteurs décentralisés. À l'heure où la théorie néoréaliste revient par la grande porte pour expliquer le caractère indépassable de l'affrontement entre les blocs européens et russes, ce travail appelle à nuancer cette perspective. Cet article illustre comment la relation entre l'Union européenne et la Russie n'est pas le fait de deux blocs monolithiques motivés par leur seul intérêt de puissance, mais qu'elle opère à travers des canaux divers et répond des subjectivités des acteurs qui la composent au niveau local. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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Résumé anglais |
Taking a critical geopolitical approach, this article shows how Europe has been mobilized as a geographical object for thinking about and putting into practice transnational environmental conservation between Finland, Norway and Russia since the end of the Cold War. This study contributes to the literature on critical geopolitics and environmental governance by examining the intersection of conservation and international relations in post-Soviet Europe. It engages with scholarship on geopolitical imaginaries, which conceptualize how social constructed spatial entities such as Europe are mobilized for thinking about and putting into practice international relations. The article builds on existing research on transboundary conservation, European integration, and the role of environmental initiatives in shaping geopolitical narratives. By exploring how conservation efforts are used in international relations, this research adds to debates on the instrumentalization of environmental governance within broader geopolitical frameworks.Methodologically, this study employs a qualitative approach, combining documentary research with in-depth, semi-structured interviews. The documentary analysis includes official policy documents, reports, and promotional materials related to the Green Belt of Fennoscandia (GBF). The study also draws on forty interviews with policymakers, conservationists, and local stakeholders across Finland, Norway, and Russia. These interviews explore perceptions of the GBF's role in transnational governance and its function within European-Russian relations. A thematic analysis of the collected data enables a nuanced understanding of how conservation initiatives are framed and mobilized in different political and institutional contexts.This article illustrates how the relationship between the European Union and Russia is not the work of two monolithic blocs motivated solely by their interest in power, but that it operates through diverse channels and responds to the subjectivities of the actors who make it up at local level. Firstly, it shows how the development of the green belt was linked to the idea of spreading the values of the European project in post-Soviet Russia. Secondly, it explains how transnational environmental conservation is organized and actually operates at local level through decentralized actors. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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Article en ligne | https://journals.openedition.org/espacepolitique/13127 |