Titre | La Confédération européenne des syndicats et la fabrique d'une politique sociale européenne (1957-années 1980) | |
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Auteur | Aurélie Andry | |
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Revue | Histoire@Politique |
Numéro | no 55, 2025 La fabrique des politiques sociales du travail (Europe, fin XIXe - XXIe siècles) | |
Rubrique / Thématique | Dossier |
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Résumé |
Au cours des « longues années 1970 », les gauches ouest-européennes ont déployé des efforts inédits pour s'organiser et se coordonner sur le plan européen, afin de peser davantage que par le passé sur la définition des politiques européennes. Les partis socialistes et les principaux syndicats européens – ceux de la Confédération européenne des syndicats (CES) avant tout – ont alors progressivement formulé un projet visant à changer la nature de l'intégration européenne, et à utiliser la Communauté économique européenne (CEE) comme un outil au service du progrès social et des intérêts des travailleurs et travailleuses en Europe. L'une des pierres angulaires de ce projet était la construction d'une politique sociale européenne, qui avait été largement sous-dimensionnée par le traité de Rome et délaissée depuis. Afin de mieux cerner le rôle des syndicats dans la fabrique de la politique sociale européenne, cet article explore les propositions formulées par les syndicats membres de la CES, leurs mobilisations (au sein des institutions et « dans la rue ») et leurs résultats. Il explore tout d'abord les propositions des syndicats européens pour mettre en œuvre et amplifier la dimension sociale du traité de Rome après 1957, et leur impact sur le « tournant social » des décideurs européens à l'aube des années 1970. Dans un deuxième temps, il retrace les efforts de la CES pour influencer le premier Programme d'action sociale de la CEE (1974) et en évalue les résultats. Enfin, il revient sur les mobilisations infructueuses des syndicats européens pour dépasser le cadre de la politique sociale et promouvoir une politique européenne du plein emploi à la fin des années 1970 et au début des années 1980, et s'interroge sur les conséquences de cet épisode pour comprendre l'évolution ultérieure de la politique sociale européenne. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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Résumé anglais |
During the ‘long 1970s', the Western European left made unprecedented efforts to organise and coordinate at European level, in order to have more influence than in the past on the definition of European policies. The socialist parties and the main European trade unions – above all those of the European Trade Union Confederation (ETUC) – gradually formulated a project aimed at changing the nature of European integration, and using the European Economic Community (EEC) as a tool to serve social progress and the interests of workers in Europe. One of the cornerstones of this project was the construction of a European social policy, which had been largely under-dimensioned by the Treaty of Rome and neglected ever since. In order to gain a better understanding of the role of trade unions in shaping European social policy, this article explores the proposals put forward by the ETUC's member unions, their mobilisations (within the institutions and ‘on the streets'), and their results. It begins by exploring the proposals put forward by European trade unions to implement and amplify the social dimension of the Treaty of Rome after 1957, and their impact on the ‘social turn' of European decision-makers at the dawn of the 1970s. Secondly, it traces the ETUC's efforts to influence the EEC's first Social Action Programme (1974) and assesses their results. Finally, it looks back at the unsuccessful efforts of European trade unions to move beyond social policy and promote a European policy of full employment in the late 1970s and early 1980s, and considers the consequences of this episode for understanding the subsequent development of European social policy. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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Article en ligne | https://journals.openedition.org/histoirepolitique/20595 |