Titre | Accompagner le désastre ouvrier : les politiques sociales de la désindustrialisation en France dans le second XXe siècle | |
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Auteur | Romain Castellesi | |
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Revue | Histoire@Politique |
Numéro | no 55, 2025 La fabrique des politiques sociales du travail (Europe, fin XIXe - XXIe siècles) | |
Rubrique / Thématique | Dossier |
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Résumé |
Comment gérer les conséquences sociales de la désindustrialisation ? Le phénomène, longtemps refoulé de l'historiographie et objet d'un déni politique, est aujourd'hui questionné par les sciences sociales, qui envisagent notamment l'ampleur de pathologies sociales qui émergent en parallèle de la disparition des usines. Cet article se propose ainsi de questionner, pour le cas français et à travers plusieurs secteurs, comme les mines ou encore la confection de chaussures de luxe, la façon dont les politiques sociales se sont saisies des licenciements, notamment d'ouvriers, et comment la désindustrialisation a pu, à l'inverse, peser sur l'élaboration et l'application de ces politiques. Si l'État joue un rôle majeur dans le sauvetage de certaines entreprises – mais surtout dans l'accompagnement du naufrage industriel –, il apparaît que son progressif désengagement se traduit par une importance croissante des collectivités locales dans la prise en charge des victimes des fermetures d'usines. La question des échelles est ainsi décisive dans l'identification et la gestion de la désindustrialisation par les pouvoirs publics, qui peut varier selon les secteurs, les mains-d'œuvre ou le genre des travailleurs et des travailleuses. Sur le plan chronologique, les mutations de l'État social mettent du temps à intégrer la question des plans sociaux. Ces transformations s'inscrivent dans une temporalité chaotique, mais qui est le fruit d'une longue expérience des crises, à l'image des bassins miniers, dès les années 1950. Dès lors, les mesures répondant à la récession industrielle s'imposent comme un laboratoire des politiques sociales, oscillant entre des logiques d'assistance à court terme des victimes des fermetures et un traitement de fond de la marginalisation sociale de la population des villes désindustrialisées. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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Résumé anglais |
How can we deal with the social consequences of deindustrialization? The phenomenon, long occulted in historiography and the object of political denial, is now being questioned by the social sciences, who are considering the extent of social pathologies emerging alongside the disappearance of factories. This article examines, for the French case and through several sectors such as mining or luxury shoe manufacturing, the way in which social policies have dealt with redundancies, especially of workers, and how deindustrialization has, conversely, influenced the development and application of these policies. While the state played a major role in rescuing certain companies ‑but above all in accompanying the industrial wreckage‑ it appears that its gradual disengagement reflects the growing importance of local authorities in caring for the victims of plant closures. Thus, the question of scale is decisive in the identification and management of deindustrialization by public authorities, which can vary according to sector, workforce or gender. Chronologically speaking, the welfare state delayed the issue of social plans. These measures are part of a chaotic timeframe but are the fruit of a long experience of crises, as the mining basins of during the 1950s. From then on, the responses to industrial recession became a laboratory for social policies, oscillating between short-term assistance for the victims of closures and in-depth treatment of the social marginalization of the population of deindustrialized towns. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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Article en ligne | https://journals.openedition.org/histoirepolitique/20502 |