| Titre | Quand les défaillances infrastructurelles recomposent les solidarités politiques : les fragmentations libanaises au prisme de l'accès à l'électricité | |
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| Auteur | Alix Chaplain | |
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Revue | Flux |
| Numéro | no 139-140, 2025/1-2 | |
| Page | 63-81 | |
| Résumé |
D'un projet national de solidarisation matérielle et politique entre les citoyens-usagers du service public d'électricité, l'infrastructure en réseau est devenue au Liban un vecteur de méfiance et de précarité pour les usagers, et plus largement, un symbole des multiples crises de l'État. Depuis la fin de la guerre civile, les coupures drastiques d'électricité rythment le quotidien des Libanais, qui, loin d'être passifs recourent à des dispositifs diversifiés d'approvisionnement. Or, ces solutions décentralisées et compensatoires ouvrent de nouveaux canaux d'échanges et d'intermédiations non seulement marchands, mais aussi politiques en favorisant l'émergence d'acteurs non-conventionnels dans la fourniture d'électricité, qui, par là même déstabilisent les formes de solidarité associées au réseau national. À mesure que le service public d'électricité se détériore, de nouveaux liens de dépendance, de domination, de solidarité ou de coopération se tissent, ces recompositions politiques étant à la fois reflet et vecteur des multiples fragmentations qui traversent le Liban (économiques, politico-confessionnelles et territoriales). L'enjeu de l'article est ainsi d'explorer les liens socio-matériels qui, entre la crise infrastructurelle d'Électricité du Liban et l'hétérogénéisation des modalités d'accès au service, se font et se défont par la fourniture d'électricité, considérant le réseau et ses alternatives décentralisées comme des espaces politiques (de contestation, d'émancipation, de domination, etc.), et ce, à partir du cas libanais, une société fragmentée où la citoyenneté est notamment intermédiée par l'appartenance confessionnelle. Source : Éditeur (via Cairn.info) |
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| Résumé anglais |
Originally conceived as a national project aimed at fostering material and political solidarity among citizen-users of the public electricity service, the electricity networked infrastructure of Électricité du Liban has progressively become a source of mistrust and insecurity. More broadly, it has come to symbolize the multiple crises of the Lebanese state. Indeed, since the end of the civil war, severe electricity shortages have shaped the daily lives of Lebanese citizens. Rather than remaining passive, they have resorted to a variety of alternative supply systems. Yet, these decentralized and compensatory solutions have opened new channels of exchange and mediation that are not only economic but also political. This growing heterogeneity in access to electricity has fostered the emergence of unconventional players and enabled the formation of new political ties through alternative forms of provision, thereby destabilizing the solidarities traditionally associated with the national system. As the public electricity service deteriorates, new forms of dependence, domination or cooperation are being forged. These political reconfigurations both reflect and reinforce the manifold fragmentations traversing Lebanese society (economic, sectarian, political, and territorial). In this context, the paper explores the socio-material relationships that are made and unmade through the provision of electricity. Both the national infrastructure and its decentralised alternatives are considered as political spaces (of contestation, emancipation, domination, etc.). The analysis draws on the Lebanese case, a deeply fragmented society in which citizenship is notably mediated by sectarian affiliation. Source : Éditeur (via Cairn.info) |
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| Article en ligne | https://shs.cairn.info/revue-flux-2025-2-page-63?lang=fr |


