| Titre | Portraits de divas italiennes : Entre apparition et effacement (1560-fin xviiie siècle) | |
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| Auteur | Cécile Berger | |
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Revue | Clio : Histoires, femmes et société |
| Numéro | no 62, 2025/2 Scènes théâtrales émancipatrices | |
| Rubrique / Thématique | Dossier |
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| Page | 41-65 | |
| Résumé |
Le texte explore l'effacement iconographique des comédiennes italiennes entre le xvie et le xviiie siècle malgré leur forte présence scénique. Si certaines comme Isabella Andreini (1562-1604) ont construit activement leur image, la plupart restent anonymes ou absentes des représentations picturales. Cette invisibilité résulte de facteurs religieux (Contre-Réforme), sociaux (misogynie), mais aussi artistiques (refus de promouvoir les comédiennes comme figures publiques). Le texte distingue sources directes (contrôlées par les artistes ou actrices) et indirectes (objets décoratifs, gravures), révélant une tendance à sexualiser ou figer les actrices. Au xviiie siècle, malgré la documentation littéraire de leurs rôles (notamment chez Goldoni), aucune iconographie ne leur survit. Cette absence de portraits souligne le paradoxe entre la visibilité scénique des actrices et leur effacement pictural. Il semblerait que l'image muette de la diva contredise la puissance expressive de son jeu, fondé sur la palette des passions. L'iconographie relative aux comédiennes dell'arte reproduit un théâtre figé, alors que leur répertoire était né avec la scène de folie fondatrice d'Isabella Andreini (La pazzia d'Isabella, Florence, 1589). Source : Éditeur (via Cairn.info) |
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| Résumé anglais |
The article analyzes the absence of portraits of Italian actresses between the sixteenth and eighteenth centuries, despite their notable presence on stage. While some, like Isabella Andreini (1562-1604), had actively crafted their image, most of those who followed her remained anonymous or absent from any visual representations. This invisibility stemmed from a variety of reasons: religious (the Counter Reformation), social (misogyny), and artistic (a refusal to promote actresses as public figures). This analysis distinguishes between direct artistic sources (controlled by the artists or actresses themselves) and indirect ones (decorative objects, engravings), which tend to sexualize or freeze actresses in static poses. In the eighteenth century, despite literary documentation of the roles in which they appeared (especially in Goldoni's plays), no iconographic record survives. This absence of portraits highlights the paradox between actresses' visibility on stage and their erasure from visual culture. The suppressed image of the diva seems to contradict the expressive power of her performance, which engaged the full range of passions. The iconography of commedia dell'arte actresses misleadingly depicts a frozen theatre, whereas their repertoire had been initiated by Isabella Andreini's foundational madness scenes (La pazzia di Isabella, Florence, 1589). Source : Éditeur (via Cairn.info) |
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| Article en ligne | https://shs.cairn.info/revue-clio-femmes-genre-histoire-2025-2-page-41?lang=fr (accès réservé) |


