Contenu du sommaire : Scènes théâtrales émancipatrices

Revue Clio : Histoires, femmes et société Mir@bel
Numéro no 62, 2025/2
Titre du numéro Scènes théâtrales émancipatrices
Texte intégral en ligne Accès réservé
  • Pages de début - p. 1-5 accès libre
  • Éditorial - Lorraine Wiss, Olivier Neveux p. 7-20 accès libre
  • Dossier

    • Rôles féminins sur la scène comique en Grèce ancienne - Carmen Damour p. 21-40 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      Les femmes athéniennes occupent une place marginale dans les festivals de théâtre et la comédie ancienne attique (480-380 av. J.-C.). Si les processions et l'audience semblent inclure des citoyennes et des métèques, toutes les femmes sont exclues de la création théâtrale. Les héroïnes comiques sont néanmoins nombreuses et diverses. Tous les statuts féminins sont représentés, des esclaves aux prêtresses. L'article se penche sur les protagonistes de ces pièces, posant la question de l'agentivité féminine qui est mise en scène mais aussi de la vraisemblance historique des caractères et des situations, qui pourraient révéler des possibilités d'action réelles des femmes attiques du ve siècle.
      Athenian women occupied a marginal place in theatrical festivals and ancient Attic comedy (480-380 BCE). While processions and audiences seem to have included female citizens and metics (resident aliens), all women were excluded from theatrical creation. Nevertheless, the plays included numerous comic heroines in various roles. Every kind of status of women was represented, from slaves to priestesses. The article explores the protagonists of these plays questioning the nature of female agency represented; it also presents elements of historical plausibility in terms of character and situation that may reveal real possibilities for action for Attic women in the fifth century BCE.
    • Portraits de divas italiennes : Entre apparition et effacement (1560-fin xviiie siècle) - Cécile Berger p. 41-65 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      Le texte explore l'effacement iconographique des comédiennes italiennes entre le xvie et le xviiie siècle malgré leur forte présence scénique. Si certaines comme Isabella Andreini (1562-1604) ont construit activement leur image, la plupart restent anonymes ou absentes des représentations picturales. Cette invisibilité résulte de facteurs religieux (Contre-Réforme), sociaux (misogynie), mais aussi artistiques (refus de promouvoir les comédiennes comme figures publiques). Le texte distingue sources directes (contrôlées par les artistes ou actrices) et indirectes (objets décoratifs, gravures), révélant une tendance à sexualiser ou figer les actrices. Au xviiie siècle, malgré la documentation littéraire de leurs rôles (notamment chez Goldoni), aucune iconographie ne leur survit. Cette absence de portraits souligne le paradoxe entre la visibilité scénique des actrices et leur effacement pictural. Il semblerait que l'image muette de la diva contredise la puissance expressive de son jeu, fondé sur la palette des passions. L'iconographie relative aux comédiennes dell'arte reproduit un théâtre figé, alors que leur répertoire était né avec la scène de folie fondatrice d'Isabella Andreini (La pazzia d'Isabella, Florence, 1589).
      The article analyzes the absence of portraits of Italian actresses between the sixteenth and eighteenth centuries, despite their notable presence on stage. While some, like Isabella Andreini (1562-1604), had actively crafted their image, most of those who followed her remained anonymous or absent from any visual representations. This invisibility stemmed from a variety of reasons: religious (the Counter Reformation), social (misogyny), and artistic (a refusal to promote actresses as public figures). This analysis distinguishes between direct artistic sources (controlled by the artists or actresses themselves) and indirect ones (decorative objects, engravings), which tend to sexualize or freeze actresses in static poses. In the eighteenth century, despite literary documentation of the roles in which they appeared (especially in Goldoni's plays), no iconographic record survives. This absence of portraits highlights the paradox between actresses' visibility on stage and their erasure from visual culture. The suppressed image of the diva seems to contradict the expressive power of her performance, which engaged the full range of passions. The iconography of commedia dell'arte actresses misleadingly depicts a frozen theatre, whereas their repertoire had been initiated by Isabella Andreini's foundational madness scenes (La pazzia di Isabella, Florence, 1589).
    • La scène sous tutelle : Les autrices à la Comédie-Française de 1680 à 1760 - Justine Mangeant p. 67-88 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      Cette étude s'intéresse aux quatorze pièces d'autrices créées à la Comédie-Française entre 1680 et 1760, afin d'interroger les possibles émancipateurs de la création théâtrale sur la scène institutionnelle aux xviie et xviiie siècles. Après avoir envisagé l'écriture dramatique comme une stratégie d'émancipation pour les autrices du corpus, on montrera que les règles qui régissent le théâtre officiel contraignent l'expression sur la scène d'une pensée émancipatrice. Puis les pièces seront analysées pour mettre au jour les caractéristiques d'une dramaturgie émancipatrice sur la scène classique.
      This study focuses on the fourteen plays by female dramatists staged at the Comédie-Française between 1680 and 1760, in order to explore the emancipatory possibilities of creation in classical theatre during the seventeenth and eighteenth centuries. After considering playwriting as an emancipation strategy for the female authors in the corpus, the article explores the rules governing official theatre that constrained the expression of emancipatory thought on stage. Finally, the plays are analyzed to reveal the characteristics of an emancipatory dramaturgy within classical theatre.
    • S'émanciper en coulisses : Rose Bellecour, ou les paradoxes d'une comédienne au XVIIIe siècle - Suzanne Rochefort p. 89-105 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      Cet article repose sur l'analyse de 18 lettres écrites par l'actrice Rose-Perrine Bellecour (1730-1799), conservées dans son dossier individuel à la bibliothèque-musée de la Comédie-Française. La « petite Beauménard », comme elle se désigne lors de ses débuts à la foire, poursuit une carrière de quarante-deux ans sur les planches du plus prestigieux théâtre parisien. Devenue célèbre grâce à des rôles de soubrettes, connue pour ses nombreux amants et mariée à un acteur de la troupe, elle semble avant tout exister par le regard des hommes. Mais les missives qu'elle écrit à ses camarades sociétaires, dans le flux quotidien du travail, témoignent d'autre chose. Sa pratique scripturaire en coulisses démontre sa centralité dans le fonctionnement de l'entreprise théâtrale. Rose Bellecour est habile pour négocier la programmation et fluidifier l'administration, sans oublier de veiller à ses propres intérêts financiers, menacés par la Révolution française. Ce corpus de lettres révèle ainsi les rapports complexes d'une comédienne à un monde théâtral en mutation et dévoile les leviers, jamais univoques, d'émancipation possible.
      This article is based on the analysis of eighteen letters written by the actress Rose-Perrine Bellecour (1730–1799), preserved in her personal file at the Bibliothèque-musée of the Comédie-Française. The “petite Beauménard,” as she referred to herself at the outset of her career in fairground theatres, pursued a forty-two-year career on the stage of the most prestigious Parisian theatre. Renowned for her roles as a soubrette, known for her numerous lovers, and married to a fellow member of the troupe, she appears, at first glance, to exist primarily through the gaze of men. However, the letters she addressed to her colleagues, during the daily activity of the company, bear witness to a different reality. Her backstage writing practice demonstrates her centrality in the functioning of the theatrical institution. Bellecour displays considerable skill in negotiating programming decisions and facilitating administrative processes, never failing to safeguard her own financial interests, which were increasingly jeopardized by the French Revolution. This epistolary corpus thus reveals the complex relationship between a stage actress and a theatrical world undergoing profound transformation, and sheds light on the multifaceted and ambivalent means through which forms of emancipation could be pursued.
    • Donner de la voix. : Protestations et plaintes des actrices à la Belle Époque - Léonor Delaunay p. 107-126 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      Cet article se consacre aux protestations des actrices des années 1900 face aux conditions de travail et d'exploitation dans le monde du spectacle. Il se fonde sur des récits venus de vedettes comme d'actrices inconnues, forment un contrepoint aux anecdotes et aux petites histoires de coulisses qui nous sont d'habitude rapportées. D'autres sources inédites, comme celles issues des syndicats d'artistes, permettent d'écrire une nouvelle histoire sociale et politique du théâtre et de la condition des comédiennes à la Belle Époque.
      This article considers actresses' protests in the 1900s against the working conditions and exploitation prevailing in the world of show business. It is based on accounts that come from stars as well as unknown actresses which form a counterpoint to the anecdotes and backstage stories we are used to hearing. Other unpublished sources, such as those from artist trade unions offer insight into a new social and political history of the theatre and the conditions of actresses during the Belle Époque.
    • Viviane Théophilidès et Gilberte Tsaï, metteuses en scène : Pour une histoire mixte du théâtre public (France, années 1980) - Raphaëlle Doyon p. 127-146 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      En 1979, Viviane Théophilidès, figure phare des metteuses en scène des années 1980, monte Une fille à brûler, l'histoire d'une Jeanne d'Arc qui préfère mourir qu'abjurer et se soumettre aux autorités. En 1986, Gilberte Tsaï dans Voyage en Chine intérieure convie sur scène des Chinois·es, acteurs et actrices non professionnel·les, tous et toutes marqués par la Révolution culturelle et par leur expérience migratoire en France. Entre ces deux spectacles programmés au Festival d'Avignon, Jack Lang met en œuvre en 1982 sa nouvelle politique culturelle en faveur du théâtre. Le montant des subventions de plusieurs compagnies de créatrices est doublé, ce qui leur permet de consolider leurs propositions artistiques dans un secteur tenu par des metteurs en scène-rois autour desquels s'est jusque-là écrite l'histoire du théâtre. L'article se penche sur cette émergence des metteuses en scène, sur la réception de leur travail et sur l'absence de mémoire de leurs expérimentations.
      In 1979, Viviane Théophilidès, a leading figure among female directors of the 1980s, staged Une fille à brûler, the story of a Joan of Arc who makes her choices freely and prefers to die rather than abjure and submit herself to the authorities. In 1986, Gilberte Tsaï's Voyage en Chine intérieure brought together a group of non-professional Chinese actors and actresses, all of them marked by the Cultural Revolution and their migration experience in France. Between these two productions, both of them shown at the Avignon Festival, Jack Lang's new cultural policy in favor of theatre was implemented in 1982. Subsidies for a number of women's companies were doubled, enabling them to strengthen their artistic proposals in a sector dominated by all-powerful male stage directors around whom the history of theater has been written until now. The article examines the emergence of female directors, the reception of their work, and the lack of recognition of their initiatives.
  • Regards complémentaires

    • Une maison de poupée d'Henrik Ibsen : La scène d'une émancipation ? - Corinne François-Denève p. 147-159 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      Une maison de poupée d'Henrik Ibsen a, dès sa création en 1879, suscité débats et controverses. La polémique concernait la fin de la pièce : Nora, l'héroïne, quittait son mari et ses enfants pour prendre sa liberté. La sortie de Nora laisse ouvertes les hypothèses sur son avenir. Sur le palimpseste d'Ibsen se sont écrits nombre d'autres textes – lectures, réécritures, adaptations –, qui mettent en évidence le féminisme de la pièce, de son héroïne ou de l'auteur, mais dans certains cas aussi le récusent. Cet article voudrait suivre le fil des réceptions d'Une maison de poupée en Scandinavie puis partout en Europe et aux États-Unis depuis sa création jusqu'aujourd'hui, en parallèle de l'histoire des femmes et du féminisme.
      A Doll's House by Henrik Ibsen has sparked debates and controversies since its premiere in 1879. The polemic has centered on the play's ending: Nora, the heroine, leaves her husband and children to claim her freedom. Nora's departure leaves open many questions about her future. On the palimpsest of Ibsen's play, countless other texts have been written – readings, rewritings, adaptations – which highlight or challenge the feminism of the play, its heroine, or the author himself. This article seeks to trace the reception of A Doll's House in Scandinavia then throughout Europe and the United States from its creation to today, in parallel with the history of women and feminism.
    • Quand les scènes queers contemporaines rencontrent les luttes féministes. : Quatre exemples d'une convergence politique - Ulysse Caillon p. 161-172 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      Cet article propose une analyse de quatre spectacles queers contemporains, Portraits détaillés de Lucien Fradin, Pédé·e·s – monologues amoureux de la 114 Cie, Gaze.S de Marianne Chargois et Romy Alizée, et Ceci est mon corps d'Agathe Charnet. Étudiés depuis le prisme militant « transpédégouine », ces spectacles apparaissent comme le lieu d'une convergence entre luttes féministes et queers. Ces artistes mettent ainsi en scène une coalition politique entre minorisé·es, en décloisonnant les vécus trans, lesbiens et gais et en adoptant un regard intersectionnel. Ces théâtres queers repensent alors leur alliance avec le féminisme par des démarches transdisciplinaires, la fusion des corps ou le croisement des récits, réinventant ainsi les communs politiques.
      This article offers an analysis of four contemporary queer productions: Portraits détaillés by Lucien Fradin, Pédé·e·s – monologues amoureux by 114 Cie, Gaze.S by Marianne Chargois and Romy Alizée, and Ceci est mon corps by Agathe Charnet. Studied from a militant ‘transpédégouine' [trans/fag/dyke] perspective, these performances appear to be a meeting point between feminist and queer struggles. The artists in question are thus staging a political coalition between minorities, breaking down barriers between trans, lesbian and gay experiences and adopting an intersectional perspective. These contemporary queer theatrical productions are rethinking their alliance with feminism through transdisciplinary approaches, the fusion of bodies or the intersection of narratives, thereby reinventing shared political stances.
  • Document

    • Jouer la sainte : Le genre en question dans les mystères français (Chroniques messines du XVe siècle) - Marie Bouhaïk-Gironès p. 173-183 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      Le document commenté est composé de deux extraits de la Chronique de Philippe de Vigneulles qui relatent deux histoires d'acteur et d'actrice accédant à une condition sociale supérieure grâce à leur talent. Les extraits révèlent également que les rôles de saintes sont tenus à Metz à la fin du xve siècle soit par une jeune femme soit par un jeune homme de façon non prescriptive. Les choix de distribution semblent dictés non par le genre de la personne qui tient le rôle mais par ses capacités rhétoriques. Il n'y a pas d'assignation sexuée pour des rôles conçus comme fondamentalement fluides.
      The present commentary focuses on two extracts from Philippe de Vigneulles' Chronicle of Metz. The selected passages offer two stories of actors, one female and one male, who achieved a higher social rank thanks to their talent. Each extract presents the case of a female saint's role played in Metz in the fifteenth century, one interpreted by a young woman and the other by a young man. The evidence suggests the absence of a prescribed dramatic practice. The casting choice seems to have been motivated not by the gender of the person playing the role but by his or her ability to master rhetorical devices. There was no gender ascription for roles left fluid by design.
  • Actualité de la recherche

  • Portrait

  • Varia

    • Le genre de la fraude : Complicités dans les cas de grossesse simulée sous l'Ancien Régime - Sylvie Perrier p. 229-248 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      Poursuivie dans la France d'Ancien Régime sous la qualification de « supposition de part », la simulation de grossesse et d'accouchement est un crime considéré par les juristes de l'époque comme essentiellement féminin, les simulatrices et les sages-femmes en étant les principales protagonistes selon leurs écrits. La supercherie est pourtant complexe et ses diverses phases se déploient sur plusieurs mois pour d'abord simuler publiquement la grossesse de manière convaincante, puis se procurer clandestinement un nouveau-né et mettre en scène sa venue au monde pour lui donner une nouvelle identité. L'analyse d'un procès toulousain du xviiie siècle, l'affaire Ayral-Ruffat, et la comparaison avec des affaires similaires révèlent les nombreuses complicités qui rendent possible cette fraude, les hommes et les femmes impliqués jouant des rôles genrés spécifiques en misant sur la surveillance communautaire dont sont l'objet les femmes enceintes et en mobilisant les rituels liés à la gestation et à la naissance.
      Prosecuted in early modern France under the heading supposition de part, the simulation of pregnancy and childbirth was considered by jurists of the period, according to their writings, as essentially a woman's crime, with female simulators and midwives as the main protagonists. However, the deception was complex and its various phases unfolded over several months: first the pregnancy had to be visibly simulated in a convincing manner, then it was necessary to clandestinely obtain a newborn child and stage its arrival in the world to give it a new identity. Analysis of an eighteenth-century trial in Toulouse, the Ayral-Ruffat case, and comparison with similar cases reveal the multiple complicities that made this fraud possible, with the men and women involved playing specific gendered roles by counting on community surveillance of pregnant women and mobilizing rituals linked to gestation and birth.
    • Entre engagement national et féminisme : Des Arméniennes en lutte dans les années 1968 (Paris-Lyon) - Sophie Toulajian p. 249-267 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      Cet article se propose d'étudier les rapports hommes/femmes dans les mobilisations arméniennes en France durant les « années 1968 », plusieurs décennies après l'expérience migratoire en France, qui fait suite au génocide commis par l'Empire ottoman en 1915. Si le féminisme, qui a une historicité en terre ottomane depuis la fin du xixe siècle, imprègne les Arméniennes dans l'espace public français des années 1970, elles ne l'intègrent pas dans la défense de la question arménienne à laquelle elles sont partie prenante. L'article conclut à des similitudes entre le militantisme des Arméniennes et celui d'autres mobilisations contemporaines : le partage genré des tâches, le refus de le voir, mais aussi la dimension émancipatrice du militantisme. Il montre toutefois que la violence génocidaire ayant eu une dimension genrée, c'est sur les femmes que la reconstruction de la communauté a reposé ; les rapports entre hommes et femmes arméniens ne sont pas modelés exclusivement sur les frontières du genre.
      This article examines gender relations in mobilizations for the Armenian cause in France during the years around 1968, several decades after the original arrival of Armenian migrants in France, following the 1915 genocide in the Ottoman Empire. While feminism, which had emerged in the homeland at the late nineteenth century, certainly found support from Armenian women in the public arena in 1970s France, they make no reference to it in their defense of the Armenian question, to which they were committed. The article concludes that there are similarities with other contemporary forms of protest: a gendered division of labour, and the refusal to see these divisions, but also the emancipatory dimension of activism. It shows, as well, that since the genocide had been marked by gendered forms of violence, women were responsible for rebuilding the community; as a result, gender relations among Armenians were not shaped exclusively along contested gender frontiers.
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