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Titre Hauts fonctionnaires-1, experts internationaux-0 ? Quand l'expertise internationalisée échoue à imposer des réformes éducatives en Égypte
Auteur Youssef Sharaf
Mir@bel Revue Critique internationale
Numéro no 109, octobre-décembre 2025 Crises et reconfigurations élitaires. Contextes, échelles, temporalités
Rubrique / Thématique
Varia
Page 125-148
Résumé Révolution annoncée, reprise en main assurée. Lancée en 2018 par le ministre égyptien de l'Éducation et un cercle d'experts au capital cosmopolite – formations étrangères, réseaux transnationaux –, avec l'appui de la présidence et des bailleurs internationaux, la réforme EDU 2.0 entend refondre les programmes scolaires et numériser l'école égyptienne. Cependant, sa mise en œuvre échappe vite à ses promoteurs : les hauts fonctionnaires du ministère de l'Éducation, forts d'un capital domestique accumulé au fil de longues carrières étatiques et arrimé à des réseaux politico-sécuritaires, s'imposent aux commandes de la réforme. Loin de se contenter d'y résister, ils retraduisent les prescriptions internationales, s'approprient le registre réformateur et en forgent une version légitime pour l'État. Se dessine ainsi une configuration où l'expertise internationalisée est repoussée aux marges, tandis que la haute bureaucratie réaffirme sa centralité dans la fabrique des politiques éducatives.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais Announced revolution, reclaimed command. Launched in 2018 by Egypt's Minister of Education alongside a circle of experts endowed with cosmopolitan capital – shaped by foreign training and transnational networks – and backed by the presidency and international donors, the EDU 2.0 reform set out to overhaul school curricula and digitise the national school system. Its trajectory, however, soon slipped from the hands of its promoters: senior bureaucrats within the Ministry of Education, armed with domestic capital accrued through long state careers and tied to established networks, reasserted control. Far from merely resisting, they reinterpreted international directives, appropriated the reformist discourse, and fashioned a version made legitimate to the state. What emerged is a configuration where internationalised expertise is pushed to the margins, while the higher state bureaucracy reaffirms its centrality in shaping education policy.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne https://shs.cairn.info/revue-critique-internationale-2025-4-page-125?lang=fr (accès réservé)