| Titre | El Cuerpo Habla : fabulation et émancipation des corps politico-esthétiques | |
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| Auteur | Juliana Marín Taborda | |
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Revue | Amerika |
| Numéro | no 31, 2026 Deuil et mémoire en Amérique latine | |
| Rubrique / Thématique | Dossier: Deuil et mémoire en Amérique Latine: Émergences sociales, élaborations narratives et artistiques Donner visibilité |
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| Résumé |
Cet article analyse les enjeux d'un corpus d'archives issues des processus de recherche-création en performance du collectif artistique colombien El Cuerpo Habla (Le corps parle), réalisés entre 2007 et 2018. À travers des actes politico-esthétiques de résistance incarnée, El Cuerpo Habla est reconnu comme une référence dans l'histoire de la performance et des corporéités en Colombie. Ses créations réécrivent la mémoire des corps lacérés, attachés, exécutés, démembrés, façonnés par diverses formes de violence et réduits au silence, et elles transforment ces traces dans une poïèsis de la chair.L'analyse proposée ici se déploie autour de trois axes : tout d'abord, l'élaboration politico-esthétique du corps en acte, telle qu'elle apparaît dans la première recherche (2007-2008) ; ensuite, la mort de la représentation et l'émergence d'une chair qui parle, ce qui constitue la visée de la deuxième recherche (2010-2011) ; enfin, les voies expressives par lesquelles la performance s'énonce, ouvrant à la fois sur la fabulation et l'émancipation des corps, une direction approfondie dans la troisième recherche (2016-2018). Ce parcours est pensé en dialogue avec Foucault (pouvoir-savoir) ; Rancière et Laura Quintana (partage du sensible, émancipation) ; Deleuze et Guattari (corps sans organes et fabulation) ; ainsi qu'Elsa Blair et Elizabeth Jelin (violences corporelles, mémoires collectives et douleur sociale). Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Résumé anglais |
This paper examines the issues raised by a corpus of archives drawn from the research-creation processes in performance of the Colombian artistic collective El Cuerpo Habla (The Body Speaks), carried out between 2007 and 2018. Through politico-aesthetic acts of embodied resistance, the collective has become a key reference in the history of performance and corporealities in Colombia. Its works rewrite the memory of bodies lacerated, bound, executed, dismembered, shaped by various forms of violence and silenced, inscribing these traces within a poiesis of flesh.The analysis unfolds along three lines: first, the politico-aesthetic construction of the acting body in the initial research phase (2007–2008); second, the death of representation and the emergence of a speaking flesh, central to the second phase (2010–2011); and third, the expressive pathways through which performance articulates itself, opening onto fabulation and bodily emancipation, explored in the third phase (2016–2018). This trajectory is read in dialogue with Foucault (power/knowledge), Rancière and Laura Quintana (the distribution of the sensible, emancipation), Deleuze and Guattari (Body without Organs, fabulation), and Elsa Blair and Elizabeth Jelin (bodily violence, collective memories, social pain). Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Article en ligne | https://journals.openedition.org/amerika/22687 |


