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Titre Retour à Pisagua : un lieu de condensation des violences d'État et du deuil
Auteur Céline Desramé
Mir@bel Revue Amerika
Numéro no 31, 2026 Deuil et mémoire en Amérique latine
Rubrique / Thématique
Dossier: Deuil et mémoire en Amérique Latine: Émergences sociales, élaborations narratives et artistiques
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Résumé Pisagua, ancien port salpêtrier de Tarapacá, fut utilisé au xxe siècle par les autorités chiliennes pour reléguer et « concentrer » des populations-cibles, notamment après 1973. Sa construction mémorielle, associée aux violences d'état et au deuil, garde une forte charge traumatique. Nous analyserons l'investissement artistique de Pisagua sous cet aspect, entre les années 1970 et 2000. Dans quelle mesure l'action artistique participa-t-elle d'une inscription spatiale des mémoires de la violence répressive, contribuant à ériger Pisagua en lieu de condensation sociale et territoriale (Debarbieux,1995) ? Dans une perspective de géo-histoire culturelle, deux productions relevant de contextes distincts sont mises en regard : l'album Pisagua d'Angel Parra (1973-1976) qui transcrit l'expérience concentrationnaire à l'interface du témoignage et de l'engagement artistique ; et la Performance de Pedro Lemebel (2007), qui « fait avec » Pisagua pour raviver les traces des détenus-disparus. Nous soulignerons leur vocation à prendre en charge un récit non consensuel, interrogerons leur esthétique paradoxale, ainsi que leur contribution à l'établissement d'une spatialité symbolique.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais The northern port of Pisagua (Tarapacá) was used during the late 19th and 20th centuries by Chilean authorities to relegate, exile and « concentrate » target populations and opositors. The elaboration of its memories and remembrance reflect the strenght of state violences and mourning process. Through a geo-historical approach, we analyse the artistical appropriation and representation of Pisagua between the decades 1970 and 2000, focussing on two cases: Pisagua by Angel Parra (1973-76), and the Pisagua Performance where Pedro Lemebel (2007) revives the traces of people who were arrested and/or dissapeared. How could these cultural productions contribute to spatialize the narratives of repression and violence, designating Pisagua as a « place of condensation » ? We claim for their ability to elaborate non-consensuous and alternative narratives, interrogating their paradoxal esthetics, and their contribution to a simbolic spatiality.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne https://journals.openedition.org/amerika/23105