| Titre | La participation des victimes dans la création artistique colombienne : enjeux éthiques et esthétiques | |
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| Auteur | Johanna Carvajal G. | |
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Revue | Amerika |
| Numéro | no 31, 2026 Deuil et mémoire en Amérique latine | |
| Rubrique / Thématique | Dossier: Deuil et mémoire en Amérique Latine: Émergences sociales, élaborations narratives et artistiques Mémoire et résistance |
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| Résumé |
Après l'accord de paix de 2016 entre la guérilla des FARC-EP1 et le gouvernement colombien, l'art a renforcé son engagement dans la représentation et la mémoire des violences subies durant le conflit. Les victimes ont participé activement à des œuvres collectives mobilisant leurs récits, archives et mémoires, révélant des convergences et des divergences liées aux choix esthétiques et éthiques des artistes. Le concept de « bifurcations biographiques » (Bidart, 2006 : 29-57) permet d'élargir la notion de victime aux signataires de paix et à ceux qui quittent des groupes armés, que l'on pourrait considérer comme « victimes structurelles ». L'art aborde la violence comme thématique mais cela présente des limites au moment de vouloir la considérer comme une catégorie esthétique. En outre, l'art peut offrir aux victimes la possibilité de devenir des sujets actifs, au centre d'une poétique qui leur donne voix et visibilité et qui peut comporter des tensions. D'une part, l'expérience théâtrale de la troupe De Frente, composée d'anciens membres du Front 57 des FARC-EP, met en évidence les dégâts produits par une initiative éloignée d'une vision du « Do No Harm »2. D'autre part, le projet d'art contemporain Malo para hacer muñecos de Juan Manuel Echavarría propose une voie vers la vérité et l'inscription d'une mémoire des violences, qui pose les bases d'un dialogue entre réalité et fiction. Dans les deux cas, ces projets soulignent l'idée que l'art peut naviguer entre témoignage, esthétique et enjeux éthiques, tout en ouvrant un espace pour la réflexion et la réconciliation. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Résumé anglais |
After the 2016 peace agreement between the FARC-EP guerrilla and the Colombian government, art encrased its engagement in representing and remembering the violences experienced during the conflict. Victims actively participated in collective works that drew on their narratives, archives, and memories, revealing both convergences and divergences linked to the aesthetic and ethical choices of the artists. The concept of “biographical bifurcations” (Bidart, 2006: 29-57) allows for an expanded notion of victimhood to include peace signatories and those leaving armed groups, considered victims of structural violence. Art addresses violence as a theme, but there are limits when attempting to treat it as an aesthetic category. Offering victims the possibility of becoming active subjects at the center of a poetics that gives them voice and visibility can also generate tensions. On the one hand, the theatrical experience of the De Frente troupe, composed by former members of the FARC-EP's 57th Front, highlights the harm that can result from work carried out without an approach based on the “Do No Harm”3 principle. In the other hand, Juan Manuel Echavarría's contemporary art project Malo para hacer muñecos exemplifies the pursuit of truth and the memory of violence, confronting the relationship between reality and fiction. In both cases, these projects underscore how art can navigate between testimony, aesthetics, and ethical issues, while opening a space for reflection and reconciliation. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Article en ligne | https://journals.openedition.org/amerika/22853 |


