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Titre Géoesthétique du deuil, ex/position et mémoire : penser les pratiques artistiques et les communautés éthiques
Auteur Amalia Boyer
Mir@bel Revue Amerika
Numéro no 31, 2026 Deuil et mémoire en Amérique latine
Rubrique / Thématique
Dossier: Deuil et mémoire en Amérique Latine: Émergences sociales, élaborations narratives et artistiques
 Travail de deuil
Résumé Cet article interroge les conditions esthétiques de l'ex/position du corps dans des contextes marqués par la disparition forcée et la violence extrême. À partir des pratiques artistiques de Doris Salcedo, il propose une réflexion sur les formes du deuil lorsque celui-ci ne peut ni s'accomplir ni se résoudre. En dialogue avec les pensées de Deleuze et Guattari, Butler, Diéguez, Benjamin et Didi-Huberman, l'analyse élabore la notion de géoesthétique du deuil afin de penser l'art depuis des milieux où la séparation symbolique entre vie et mort se trouve profondément altérée. L'esthétique y est conçue non comme régime de représentation, mais comme expérience d'exposition, dans laquelle corps, langage et communauté sont affectés par l'absence. Ces pratiques ne relèvent ni de la réparation ni de la commémoration. Elles opèrent dans un espace liminal où le deuil demeure suspendu, produisant des configurations du commun précaires et fondées sur la vulnérabilité partagée, la persistance de la perte et la nécessité éthique du témoignage.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais This article examines the aesthetic conditions of bodily ex/position in contexts shaped by forced disappearance and extreme violence. Drawing on the artistic practices of Doris Salcedo, it reflects on forms of mourning when mourning can neither be completed nor resolved. Engaging with the works of Deleuze and Guattari, Butler, Diéguez, Benjamin, and Didi-Huberman, the analysis develops the concept of dissensual geo-aesthetics in order to think art from milieus in which the symbolic separation between life and death has been profoundly destabilized. Aesthetics is approached not as a regime of representation, but as an experience of exposure through which bodies, language, and community are affected by absence. Rather than pursuing repair or commemoration, these practices operate within a liminal space where mourning remains suspended, generating fragile configurations of the common grounded in shared vulnerability, the persistence of loss, and the ethical necessity of bearing witness.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne https://journals.openedition.org/amerika/22797