| Titre | « Quiero nombrar las voces de las historias que ocurren aquí » : poétique du deuil et nécroécriture dans Antígona González de Sara Uribe | |
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| Auteur | Geneviève Dragon | |
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Revue | Amerika |
| Numéro | no 31, 2026 Deuil et mémoire en Amérique latine | |
| Rubrique / Thématique | Dossier: Deuil et mémoire en Amérique Latine: Émergences sociales, élaborations narratives et artistiques Travail de deuil |
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| Résumé |
Dans Antígona González (2012), Sara Uribe transpose le mythe sophocléen dans le contexte contemporain des disparitions forcées au nord du Mexique, en faisant de l'écriture un acte de résistance politique et mémorielle. Ce poème-documentaire, fondé sur une esthétique du fragment et de la polyphonie, mêle témoignages, extraits juridiques, récits fictifs et voix anonymes. En cela, il s'inscrit dans ce que Cristina Rivera Garza nomme une nécroécriture : une pratique littéraire surgie au contact de la disparition, qui tente de restaurer les liens entre langage, deuil et justice.À travers cette œuvre, l'autrice compose une archive de la douleur et une poétique du deuil empêché, dans un contexte où les familles n'ont ni corps, ni sépulture, ni reconnaissance. Le texte fait entendre un chœur d'Antigones modernes – rastreadoras, mères, sœurs – qui refusent l'effacement symbolique de leurs proches. Il devient ainsi contre-récit à la logique nécropolitique de l'État, et forme de réparation symbolique.Cet article analysera Antígona González comme dispositif mémoriel à la croisée de l'archive, du témoignage et de la poésie, en mettant en lumière la manière dont le langage, même fragmentaire, devient une forme de survie et d'action politique. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Résumé anglais |
In Antígona González (2012), Sara Uribe reimagines the Sophoclean myth within the context of mass forced disappearances in northern Mexico, turning writing into an act of political and memorial resistance. This hybrid documentary poem, built on fragmentation and polyphony, combines testimonies, legal excerpts, fictionalized voices, and anonymous narratives. In doing so, it embodies what Cristina Rivera Garza calls necrowriting: a literary practice that emerges from the proximity to death and disappearance, aiming to restore connections between language, mourning, and justice.Through this work, Uribe constructs both an archive of pain and a poetics of unresolved mourning, in a context where families are deprived of bodies, graves, and official recognition. The text gives voice to a chorus of modern Antigones—rastreadoras, mothers, sisters—who refuse the symbolic erasure of the disappeared. The result is a counter-narrative to state-led necropolitics, and a form of symbolic reparation.This paper will examine Antígona González as a memorial device at the crossroads of archive, testimony, and poetry, shedding light on how language—however fragmented—becomes a site of survival, resistance, and collective memory in the face of unspeakable violence. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Article en ligne | https://journals.openedition.org/amerika/22082 |


