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Titre Quand les parcours de vie nous informent sur les lieux (et vice versa)
Auteur Simone Ranocchiari
Mir@bel Revue Carnets de géographes
Numéro no 19, 2025
Rubrique / Thématique
Carnets de terrain
Résumé Pour mon doctorat en géographie, j'ai fait le choix d'étudier les lieux autogérés de Rome à partir de l'étude des histoires de vie de leurs activistes. Pour ce faire, j'ai été amené à privilégier des concepts et méthodes issus de la sociologie, notamment celui de carrière militante. Progressivement, j'ai réalisé que ces emprunts interdisciplinaires étaient capables de générer une analyse résolument géographique. En effet, l'analyse des histoires de vie des activistes s'est avérée cruciale pour une meilleure compréhension de ces espaces, mettant en lumière des aspects de ces lieux qui auraient été autrement difficiles d'accès. Elles m'ont permis : (1) de cerner la « genèse intime » de ces espaces, c'est-à-dire les mécanismes microsociaux derrière leur création et leur évolution ; (2) d'identifier certains attributs de ces lieux en fonction du rôle qu'ils jouent dans la vie de ces personnes. Cet article montre que cette démarche, qui consiste à étudier les lieux à travers les histoires de vie des personnes qui les pratiquent, s'inscrit dans un mouvement déjà présent dans plusieurs disciplines et que l'on peut regrouper – comme je propose ici – sous le terme d'« approches géobiographiques ». Identifier et nommer cet ensemble pourrait faciliter le dialogue et les croisements entre des démarches parfois encore trop éparpillées dans leurs disciplines.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais In my geography PhD, I chose to study the self-managed spaces of Rome through the life stories of their activists. In doing so, I leaned towards concepts and methods from sociology, particularly the concept of militant career. Gradually, I realized that these interdisciplinary borrowings could generate a distinctly geographical analysis. Indeed, analyzing the life stories of activists proved crucial for a better understanding of these spaces, highlighting aspects of these places that would have otherwise been difficult to access. They allowed me to: (1) grasp the “intimate genesis” of these spaces, i.e., the microsocial mechanisms behind their creation and evolution; (2) identify certain attributes of these places based on the role they play in these individuals' lives. This article shows that this approach, which consists in studying places through the life stories of the people who inhabit them, is part of a movement already present across several disciplines and which can be brought together – as I propose here – under the term “geobiographical approaches.” Identifying and naming this ensemble could help foster dialogue and cross-fertilization among approaches that remain, for now, too scattered within their respective disciplines.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne https://journals.openedition.org/cdg/11313