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Titre Datafication d'un corps faillible et pratiques d'autosoins
Auteur Sylvie Grosjean, Fabienne Martin-Juchat, Ambre Davat
Mir@bel Revue Communication
Numéro vol. 42, no 2, 2025
Rubrique / Thématique
Dossier
 Articles
Résumé Cet article explore comment les données de santé générées par des technologies algorithmiques de télésuivi peuvent soutenir un processus d'autosoins chez les patient·e·s atteints de maladies chroniques. En mobilisant le modèle des data valences (Fiore-Silfvast et Neff, 2013 ; Fiore-Gartland et Neff, 2015), nous analysons les conditions dans lesquelles ces données acquièrent une valeur située, en fonction des attentes, des émotions et des usages concrets des patient·e·s. L'étude s'appuie sur deux projets de co-conception de dispositifs de télésuivi : eCARE-PD (maladie de Parkinson) et RealWorld4Clinic (insuffisance cardiaque). L'analyse met en évidence le fait que les dispositifs de télésuivi ne produisent pas une forme unique de surveillance, mais bien une pluralité de modes de « sur-veillance », selon les configurations techniques, relationnelles et organisationnelles dans lesquelles ils s'inscrivent. Cette sur-veillance ne relève pas d'un simple contrôle, mais s'inscrit dans une dynamique distribuée et dialogique, où patient·e·s, technologies et professionnel·le·s de santé co-construisent une vigilance partagée, porteuse d'encapacitation.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais This article explores how health data generated by algorithmic remote monitoring technologies can support a process of self-care in patients with chronic diseases. Drawing on the data valences model (Fiore-Silfvast and Neff, 2013; Fiore-Gartland and Neff, 2015), we analyze the conditions in which these data acquire specific value, based on patients' expectations, emotions, and concrete uses. The study is based on two co-design telemonitoring devices: eCARE-PD (Parkinson's disease) and RealWorld4Clinic (heart failure). Our analysis shows that remote monitoring devices do not produce a single form of monitoring, but rather a plurality of “over-monitoring” modes, according to the respective technical, relational, and organizational configurations. This over-monitoring is not simply a matter of control, but is part of a distributed and dialogical dynamic, in which patients, technologies, and healthcare professionals work together to create a method of shared monitoring, which fosters empowerment.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne https://journals.openedition.org/communication/21543