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Titre Les sociétés libérales et le commun : enjeux et perspective d'une ambivalence fondatrice
Auteur Pierre Crétois
Mir@bel Revue Droit et cultures
Numéro no 88, 2025/1 Du social au commun : un changement de paradigme ?
Rubrique / Thématique
Du social au commun : un changement de paradigme ?
Résumé Cet article entend nuancer l'idée que la tradition libérale aurait une façon univoque de définir l'ordre social et le commun. Certes, pour beaucoup de théoriciens libéraux orthodoxes de la pensée économique, le commun ne suppose pas l'intervention d'une volonté politique surplombante parce qu'il serait le produit indirect du fonctionnement spontané de l'ordre propriétaire animé par les contrats privés. Néanmoins, nous montrons dans cet article que cette idée jouit d'une fausse clarté. En effet, certains des pères du libéralisme comme Grotius ou Locke ont montré que pour être légitimes les droits de propriété devaient, en amont, pouvoir inclure le droit des autres à la part des ressources nécessaires à une vie digne. Face à cela, nous suggérerons une dernière hypothèse libérale – libérale parce qu'elle ne renonce pas à la priorité donnée à l'égalité des droits et des libertés – , celle-ci pourrait défendre que la communauté des biens renvoie aux liens qui, de façon permanente, lient chacun aux autres dans un destin commun, c'est ce que nous proposons d'appeler la « copossession du monde ».
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais This article aims to challenge the notion that the liberal tradition has a singular way of defining social order and the common good. Indeed, for many orthodox liberal theorists of economic thought, the common good does not require the intervention of a superior political will because common good would be the indirect outcome of the spontaneous functioning of the property order, governed by private contracts. However, we argue in this paper that this idea is far from clear-cut. In fact, some of the founding figures of liberalism, such as Grotius and Locke, demonstrated that for property rights to be legitimate, they must, at the outset, include the right of others to access the resources necessary for a dignified life. In light of this, we suggest another liberal hypothesis—liberal because it does not abandon the priority given to equal rights and liberties—that could argue that the community of goods refers to the permanent bonds that connect each individual to others in a shared destiny. This is what we propose to call the “co-ownership of the world.”
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne https://journals.openedition.org/droitcultures/10299