| Titre | Le costume comme leurre et la peau comme costume : Scarlett Johansson, sex-symbol mis à nu dans Under the Skin (Jonathan Glazer, 2013) | |
|---|---|---|
| Auteur | Alexandre Moussa | |
|
Revue | Genre en séries : cinéma, télévision, médias |
| Numéro | no 19, 2025 Repenser les représentations du genre à travers les costumes et la mode : entre ponts et fractures disciplinaires | |
| Rubrique / Thématique | Dossier |
|
| Résumé |
En 2013, le cinéaste britannique Jonathan Glazer distribue la star hollywoodienne Scarlett Johansson dans le rôle d'une extraterrestre mangeuse d'hommes perdue en pleine Écosse dans son troisième long-métrage, Under the Skin. Cet article montre que le travail sur les costumes participe de la déconstruction de l'image de la star à trois niveaux complémentaires. De manière classique, le costume est d'abord envisagé comme artifice garant de l'illusion naturaliste, ce que redouble la mise en abyme produite par le dispositif de tournage du film : il constitue à la fois le déguisement qui permet à l'extraterrestre de se fondre parmi la foule humaine et celui qui autorise la star filmée en caméra cachée à déambuler incognito dans les rues, les magasins et les boîtes de nuit de Glasgow. Le costume et le maquillage assurent en outre une fonction de marqueur du genre, exagérant la dimension d'ultra-féminité et de carnalité attachée à la persona de Johansson depuis le début des années 2000 pour en proposer un renversement critique. Ils procèdent en effet comme un leurre, permettant à l'alien prédatrice de se faire passer pour une proie désirable, passive et disponible auprès de ses victimes ; ce faisant, ils réactualisent l'archétype de la femme fatale associé à Johansson tout en désignant sa sensualité comme une performance et un simulacre. Le costume offre enfin l'occasion d'une réflexion ontologique sur les rapports entre star et personnage filmique, le corps et la persona de la star venant littéralement habiller une figure qui serait sans eux nue et informe. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
|
| Résumé anglais |
In 2013, British filmmaker Jonathan Glazer cast Hollywood film star Scarlett Johansson as an alien maneater wandering through Scotland in his third feature, Under the Skin. This paper discusses how costume design is used in the film in order to deconstruct the star's image on three different levels. First, costume is used as an artifice to preserve naturalistic illusion: it works as a disguise allowing both the alien to blend in with a human crowd and the star to walk around the streets, shops and nightclubs of Glasgow in documentary immersion. Costume and makeup also work as markers of gender, exaggerating the overt femininity and carnality that characterize Johansson's star persona in order to divulge it as a performance and simulacrum. Finally, costume provides the opportunity for an ontological reflection on the relationship between star and film character, as the star's body and persona literally dress a fictional figure that would be shapeless without them. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
|
| Article en ligne | https://journals.openedition.org/ges/6310 |


