| Titre | « Un film pour les autres ? » Réception et lisibilité d'un discours sur le genre dans un fashion-film estampillé Gucci | |
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| Auteur | Manon Renault | |
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Revue | Genre en séries : cinéma, télévision, médias |
| Numéro | no 19, 2025 Repenser les représentations du genre à travers les costumes et la mode : entre ponts et fractures disciplinaires | |
| Rubrique / Thématique | Dossier |
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| Résumé |
À l'heure où les marques de luxe investissent massivement les plateformes numériques, les fashion films deviennent des supports stratégiques mêlant esthétique auteuriste et communication de marque. Cet article propose d'analyser la réception de l'un de ces objets hybrides – Ouverture of Something That Never Ended (2020), mini-série réalisée par Alessandro Michele et Gus Van Sant pour Gucci – à partir d'une enquête qualitative menée auprès de 47 étudiant·es en école de commerce et marketing du luxe. Mobilisant les outils des Cultural Studies et des études de genre, l'analyse articule une étude des représentations du film avec les données recueillies via deux focus groups et un questionnaire. Les résultats montrent que, malgré une intention explicite de proposer une réflexion queer sur le genre, le film est perçu comme un objet difficile d'accès, esthétisant et déconnecté des cadres interprétatifs des enquêté·es. Le message idéologique est identifié, mais rarement approprié : il suscite des formes de réception fragmentées, ambivalentes ou négociées. Le vêtement, pourtant central dans la mise en scène du genre, reste largement perçu comme signe de marque, plus que comme vecteur narratif ou symbolique. Cette étude interroge ainsi les conditions de lisibilité et d'engagement des publics face à des productions culturelles de marques, dans un contexte d'économie de l'attention et de saturation médiatique. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Résumé anglais |
As luxury brands increasingly invest in digital platforms, fashion films have become strategic media, blending auteur aesthetics with brand communication. This article examines the reception of one such hybrid object—Ouverture of Something That Never Ended (2020), a mini-series directed by Alessandro Michele and Gus Van Sant for Gucci—based on a qualitative study conducted with 47 students enrolled in a luxury marketing and business school in Paris. Drawing on Cultural Studies and Gender Studies, the analysis combines a reading of the film's representations with data collected through two focus groups and a structured questionnaire. The results show that despite a clear intention to articulate a queer reflection on gender, the film is perceived as aesthetically refined but largely inaccessible, disconnected from the respondents interpretative repertoires. While the ideological message is often identified, it is rarely appropriated, giving rise to fragmented, ambivalent, or negotiated modes of reception. The clothing—central to the film's staging of gender—is mostly seen as a brand marker rather than as a narrative or symbolic device. This study questions the conditions of readability and audience engagement with branded cultural productions, in a context shaped by attention economies and media saturation. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Article en ligne | https://journals.openedition.org/ges/6388 |


