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Titre Exploiter et sanctuariser les plaines du Serengeti (Tanzanie) : histoire d'un lieu politique de la domination européenne
Auteur Lucas Barreteau
Mir@bel Revue Histoire@Politique
Numéro no 57, 2025 Localiser le politique (sociétés coloniales et post-indépendances)
Rubrique / Thématique
Dossier
Résumé Au nord de la Tanzanie, les vastes plaines du Serengeti constituent un espace particulièrement intéressant pour étudier les effets de la sanctuarisation des territoires africains durant la période coloniale et postcoloniale. Dès le début du XXe siècle, des chasseurs européens et étatsuniens investissent le Serengeti pour traquer la grande faune. Ils s'inquiètent alors du déclin de celle-ci et s'allient à l'administration coloniale et aux organisations européennes de défense de la nature pour créer des réserves de chasse qui aboutissent à la création d'un parc national en 1951. Derrière l'apparente protection vertueuse de la nature, il s'agit pour les autorités coloniales allemandes, puis britanniques, de contrôler une marge territoriale. Ces mesures de protection verrouillent le Serengeti et privent les populations locales de ces espaces consacrés au pâturage de leurs bétails. Les Masaïs tentent alors de résister à l'imposition de ces normes, entraînant des tensions avec les conservationnistes. Dès lors, le Serengeti devient un éminent lieu politique. Après l'indépendance du Tanganyika en 1961, les dirigeants postcoloniaux s'emparent des mesures de sanctuarisation pour construire la nation et maîtriser les territoires. Ils tentent pourtant d'inclure les populations locales du Serengeti à la conservation, en cédant des terres dédiées au tourisme communautaire. Toutefois, ces reconfigurations territoriales ne suffisent pas à apaiser les tensions politiques.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais North of Tanzania, the vast plains of the Serengeti provide a particularly compelling setting for examining the effects of territorial sanctuarisation during both the colonial and postcolonial eras. From the early twentieth century, European and American hunters ventured into the Serengeti to pursue big game. Concerned by the decline of these species, they joined forces with the colonial administration and European nature conservation organizations to establish game reserves, culminating in the creation of a national park in 1951. Behind this seemingly virtuous effort to protect nature, the German and later British colonial authorities aimed to assert control over a peripheral territory. These protection measures depriving local populations of vital grazing lands for their livestock. In response, the Maasai resisted the imposition of these norms, leading to mounting tensions with conservationists and transforming the Serengeti into a prominent political place. After Tanganyika gained independence in 1961, postcolonial policies appropriated these sanctuarisation measures as tools for nation-building and territorial control. Although efforts were made to incorporate local populations into conservation, such as allocating lands for community tourism, these territorial reconfigurations ultimately proved insufficient to resolve the persistent political tensions.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne https://journals.openedition.org/histoirepolitique/22878