| Titre | Reconstruire après le séisme du Haut Atlas : entre inégalités dominantes et solidarités locales | |
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| Auteur | Soumia Oubah, Zakaria Kadiri, Leila Bouasria | |
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Revue | L'année du Maghreb |
| Numéro | no 34, 2025 De l'intime au public : regards sur le spectre de la conversion | |
| Rubrique / Thématique | Enjeux et débats |
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| Résumé |
Cet article part de l'hypothèse que la gestion post-séisme de 2023 est influencée par des dynamiques politiques locales préexistantes, exacerbant les inégalités socio-économiques et conditionnant l'accès aux ressources. La thèse défendue est que les catastrophes renforcent les rapports de pouvoir et les structures de domination, transformant la reconstruction en un champ de lutte pour la légitimité et l'équité.L'analyse des résultats empiriques montre que la distribution des aides d'urgence et de reconstruction est marquée par des inégalités. Malgré un cadre institutionnel structuré, l'accès aux ressources dépend largement de la présence d'intermédiaires locaux. Ces intermédiaires, à la croisée du légal et du traditionnel, arbitrent l'attribution des aides, reproduisant les disparités socio-économiques. Des cas comme celui du douar Oudakar, privé d'aides après la mort de son moqaddem, ou du douar Talilit, favorisant un groupe majoritaire, illustrent cette bureaucratie sélective. Les critères techniques de diagnostic, superposés à des logiques clientélistes, alimentent un sentiment d'arbitraire chez les sinistrés, renforçant leur précarité.Face à ces dysfonctionnements, les communautés développent des stratégies de contournement. À Anmanar, la création d'une association permet une gestion collective des aides, combinant solidarité genrée et légitimité légale pour négocier avec les institutions étatiques. À Tafgaghet, le refus de démolir les maisons fissurées traduit une méfiance envers les institutions, tandis qu'à Talilit, le rejet de contrats jugés injustes incarne une résistance aux normes imposées. Ces tactiques, qualifiées d'« armes des faibles » (Scott, 2025), révèlent une conscience des rapports de domination, mais restent précaires face à un système où l'État conserve le monopole des ressources. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Résumé anglais |
This article is based on the hypothesis that the post-2023 earthquake management is influenced by pre-existing local political dynamics, exacerbating socio-economic inequalities and conditioning access to resources. The thesis posits that disasters reinforce power relations and structures of domination, turning reconstruction into a battleground for legitimacy and equity.The analysis of empirical results reveals that the distribution of emergency and reconstruction aid is marked by systemic inequalities. Despite a structured institutional framework, access to resources largely depends on the presence of local intermediaries. These intermediaries, straddling legal and traditional legitimacy, arbitrate aid allocation, replicating socio-economic disparities. Cases such as douar Oudakar, deprived of aid after the death of its moqaddem , or douar Talilit, favoring a majority group, illustrate this selective bureaucracy. Technical diagnostic criteria, overlaid with clientelist logics, fuel a sense of arbitrariness among disaster victims, deepening their precarity.Faced with these systemic failures, communities develop bypass strategies. In Anmanar, the creation of an association enables collective management of aid, combining gendered solidarity and legal legitimacy to negotiate with state institutions. In Tafgaghet, the refusal to demolish cracked houses reflects distrust in institutions, while in Talilit, the rejection of contracts deemed unfair embodies resistance to imposed norms. These tactics, termed “weapons of the weak” (Scott, 2025), reveal an awareness of domination dynamics but remain precarious in a system where the state retains a monopoly over resources. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Article en ligne | https://journals.openedition.org/anneemaghreb/16295 |


