| Titre | Co-construire des messages de santé publique : le cas du sel | |
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| Auteur | Justine Benhamou, Clémentine Hugol-Gential | |
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Revue | Revue française des sciences de l'information et de la communication |
| Numéro | no 29, 2025 Immersions, expériences et numériques | |
| Rubrique / Thématique | Varia |
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| Résumé |
Dès 1988, Pierre Meneton alertait sur les risques liés à la surconsommation de sel sur la santé des Français. Ce n'est que plus tardivement, au gré d'enjeux médiatiques et de transformation des politiques publiques (ANSES, PNSS, etc.) que le sel acquiert son statut d'enjeu de santé publique. Sachant cela, nos précédents travaux dans le cadre du projet ANR Sal&Mieux se sont intéressés à la manière dont « le sel s'est immiscé dans l'espace public et médiatique pour devenir un sujet de santé publique mais aussi [aux] modalités de gouvernances alimentaires et les modalités communicationnelles à déployer » (Hugol-Gential, Badau, Clerjon, 2023) en vue de mieux saisir les comportements des citoyens-mangeurs à l'aune des enjeux de médiatisation. Ces recherches ont notamment révélé l'inanité des méthodes de sensibilisation actuelles pointant comment des « manquements communicationnels couplés à l'absence de démarche intégrative et participative limitent alors l'acceptabilité sociale de la diminution du sel. » (Ibid.). Au cours des dernières décennies, la problématique du sel a fait l'objet de multiples rapports et décisions politiques, tous énonçant des messages injonctifs préconisant une réduction de la consommation de sel, s'inscrivant dans la catégorie plus générale des recommandations de modération alimentaire, à savoir « éviter de manger trop gras, trop sucré, trop salé ». Or, comme le démontre Michel Morin dans ses travaux sur le bon usage des campagnes de prévention « on ne change pas de normes par simple injonction et conseils, fut-ce de la part d'autorités respectées » (Morin, 2018 : en ligne). Ce contexte et les conclusions des travaux de recherche ont amené vers une réorientation de nos questionnements envers la substantiation et la configuration des messages de sensibilisation à l'égard des questions du sel dans l'alimentation. Considérant l'injonction comme facteur déterminant d'une défiance généralisée, et dans la perspective de se rapprocher de l'idéal de la « démocratie alimentaire » (Fouilleux, Michel, 2020) en suscitant une réappropriation des enjeux du sel dans l'alimentation, il s'est agi de comprendre comment les différents processus de réception et d'appropriation de messages plus neutres pouvaient ou non jouer un rôle sur les comportements de salage. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Résumé anglais |
Since 1988, Pierre Meneton had been raising awareness about the health risks associated with excessive salt consumption among the French. It was only later, amid media attention and changes in public policies (ANSES, PNSS, etc.) that salt became recognized as a public health issue. With this in mind, our previous work within the ANR Sal&Mieux project focused on how “salt has infiltrated the public and media space to become a public health issue, as well as on the modalities of food governance and communication strategies to be deployed” (Hugol-Gential, Badau, Clerjon, 2023) in order to better understand the behaviors of citizen-consumers in light of media coverage issues. This research notably revealed the futility of current awareness-raising methods, pointing out how “communication failures combined with the lack of an integrative and participatory approach then limit the social acceptability of reducing salt” (ibid.). Over the past decades, the issue of salt has been the subject of multiple reports and political decisions, all advocating for a reduction in salt consumption as part of the broader category of dietary moderation recommendations, namely “avoid eating too much fat, too sweet, too salty”. Yet, as Michel Morin demonstrates in his work on the proper use of prevention campaigns, “norms are not changed by mere injunctions and advice, even from respected authorities” (Morin, 2018 : online). This context and the conclusions from research work have led to a reorientation of our questions towards substantiating and configuring awareness messages regarding salt in the diet. Considering injunctions as a determining factor of widespread mistrust, and with the aim of moving closer to the ideal of « food democracy » (Fouilleux, Michel, 2020) by fostering a reappropriation of salt issues in the diet, the goal was to understand how different processes of message reception and appropriation of more neutral messages could or could not play a role in salting behaviors. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Article en ligne | https://journals.openedition.org/rfsic/16722 |


