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Titre La construction sociale de la toxicité, entre mise en problème public, confinement technoscientifique et redéfinition ouvrière
Auteur Mody Diaw, Sylvain Le Berre, Vincent Banos, Valérie Deldrève
Mir@bel Revue Rives méditerranéennes
Numéro no 67, 2025 Bauxites et alumines en Méditerranée XIXe-XXIe siècles
Rubrique / Thématique
Dossier. Bauxites et alumines en Méditerranée XIXe-XXIe siècles
Page 57-78
Résumé Cet article explore la construction sociale de la toxicité des boues et poussières rouges, issues de la transformation industrielle de la bauxite en alumine à Gardanne (France). Il se concentre plus précisément sur la façon dont différents groupes sociaux (les militants, l'industriel et les ouvriers et leurs syndicats), ont, à un moment donné, tenté de définir et gérer la toxicité potentielle de ces résidus. En s'appuyant sur les cadres théoriques de la sociologie des problèmes publics, de l'écologie politique et de la sociologie de l'environnement, l'article met en lumière des dynamiques de confrontation, cycliques et successives, naviguant entre désir de publicisation et volonté d'invisibilisation des problèmes relatifs à la toxicité potentielle des boues et poussières rouges. Il montre conjointement la difficulté pour les opposants à constituer un front uni en raison de positionnements différenciés, parfois au sein d'un même groupe, et des déplacements opérés depuis les années 1960 à nos jours sur la définition et la qualification même de ce qui est toxique, de ce qui constitue un risque sanitaire, un risque environnemental, et de ce qui ne l'est pas.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais This article examines the social construction of the toxicity of red mud and dust, produced by the industrial transformation of bauxite into alumina at Gardanne (France). It focuses more specifically on how different social groups (activists, industrialists and workers and their unions), at different times, attempted to define and manage the potential toxicity of these residues. Theoretically, the article combines the frameworks of the sociology of public problems with those of political ecology and environmental sociology. Methodologically, it takes a qualitative approach. The article highlights the cyclical and successive dynamics of confrontation, between publicization and invisibilization of the problems relating to the potential toxicity of red mud and dust. It also shows how difficult it is for opponents to form a united front, due to their different standpoints, sometimes within the same group, and the shifts that have taken place from the 1960s to the present day in the very definition and qualification of what is toxic, what constitutes a health or environmental risk, and what is not.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne https://journals.openedition.org/rives/11145