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Titre Performativité de l'intention : de l'acte de langage à l'acte de dialogue automatisé
Auteur Nicolas Santolaria
Mir@bel Revue Socio-anthropologie
Numéro no 53, 1er semestre 2026 AIntelligences
Rubrique / Thématique
AIntelligences. Vers une redéfinition de l'intelligence ?
 Que disent ces « modèles » d'IA de la façon dont nous nous représentons l'intelligence ?
Page 153-168
Résumé Sous des formes diverses – assistants personnels intelligents, chatbots, grands modèles de langage (LLM) – les systèmes de dialogue humain/machine ont vu leur usage se développer auprès du grand public ces dernières années, constituant parmi les concrétisations les plus notables de l'intelligence artificielle dans les mondes sociaux. Une des promesses qui relie ces technologies est l'utilisation du langage « naturel » dans la relation à la machine au moyen d'une interface conversationnelle, impliquant le fait que tous ces dispositifs captent et réalisent l'intention de l'utilisateur. Elle s'appuie sur une conception de l'humain simplifiée, qui en fait un agent rationnel tendu vers la poursuite de buts clairement définis et formulés. C'est sur cette intentionnalité partagée et lexicalisée que se fonde l'activité collaborative humain-machine. Articulant une approche décontextualisée, taxinomique et opérative des énonciations, l'acte de dialogue automatisé constitue une radicalisation intentionnaliste de l'acte de langage définit par J.L Austin, réorienté vers un finalisme univoque propre à la technique.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais In various forms—intelligent personal assistants, chatbots, large language models (LLMs)—systems for human-machine dialogue have seen their use expand among the general public in recent years, constituting one of the most notable manifestations of artificial intelligence in the social sphere. One of the conveniences shared by these technologies is the use of “natural” language in the interaction with the machine through a conversational interface, implying that these devices capture and fulfill the user's intentions. This idea relies on a simplified conception of the human, which makes of them rational agents striving to pursue clearly defined and formulated goals. Human-machine collaborative activity is thus founded on this shared and lexicalised intentionality. Articulating a decontextualized, taxonomic and operational approach to enunciations, the automated 'act of dialogue' constitutes an intentionalist radicalization of the speech act as defined by J.L Austin, reoriented towards a unequivocal finalism specific to the technology.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne https://journals.openedition.org/socio-anthropologie/21238