Contenu du sommaire : AIntelligences

Revue Socio-anthropologie Mir@bel
Numéro no 53, 1er semestre 2026
Titre du numéro AIntelligences
Texte intégral en ligne Accessible sur l'internet
  • AIntelligences. Vers une redéfinition de l'intelligence ?

    • Perspectives sur les effets de l'intelligence algorithmique - Olivia Chevalier, Jean-Sébastien Vayre p. 9-14 accès libre
    • Quels sont les « modèles » d'intelligence visés et produits par l'IA ?
      • La paix des intelligences - Axel Cypel p. 17-35 accès libre avec résumé avec résumé en anglais
        Les fournisseurs d'IA parlent maintenant des raisonnements réalisés par leurs machines et, devant les résultats exceptionnels de la nouvelle vague dite « générative », les slogans publicitaires semblent enfin prendre vie. Résistent-ils pour autant à l'analyse ? Des intérêts commerciaux bien compris ne chercheraient-ils pas à entretenir une forme de confusion entre leurs intelligences (artificielles) et l'intelligence tout court ? Cet article commence par regrouper quelques caractéristiques saillantes de cette dernière avant de rappeler ce qui fait l'IA moderne et débouche sur les grands modèles de langage, leurs verbiages stochastiques et le verbiage qu'ils induisent chez leurs créateurs, ou plutôt leurs promoteurs. Cela autorise non pas une vaine comparaison entre deux modes de traitement de l'information dissemblables, mais un appui stable permettant de répondre à la question autrement plus féconde de leur éventuelle altérité, à laquelle l'article donne réponse.
        The providers of AI talk about their machines' “reasoning”, and with the remarkable output of the new wave of ‘generative' devices, such advertising slogans seem to have finally come true. But do they stand up to examination? Shrewd commercial interests may well have an interest in encouraging confusion between their (artificial) intelligences and intelligence itself. This article begins by classifying some salient aspects of the latter, then describes how AI is based on large language models, a verbiage reflected in the verbiage it produces in its creators, or rather its promoters. This permits not a simple comparison of different ways of processing information, but a solid basis from which to treat the deeper question of making a distinction between them, to which the article proposes an answer.
      • Vers une coconstruction harmonieuse du sens entre langage humain et machinique au sein de la fabrique sémiotique hybride - Christophe Denis p. 37-50 accès libre avec résumé avec résumé en anglais
        Cet article propose une nouvelle approche épistémologique pour caractériser l'interaction entre humains et dispositifs technologiques langagiers à partir du concept de fabrique sémiotique hybride. Il s'agit de montrer que les modèles de langage probabilistes ne produisent ni un sens en soi, ni un non-sens, mais ouvrent des espaces interprétatifs distribués entre humains, artefacts techniques et milieux symboliques. En mobilisant les travaux de Bruno Latour, Charles Sanders Peirce et André Leroi-Gourhan, l'article défend l'idée que les « hallucinations » des agents conversationnels ne doivent pas être neutralisées, mais comprises comme des occasions de coconstruction du sens. Une telle perspective implique que l'éthique ne peut se réduire à une conformité technique. Ce cadre invite à repenser la régulation, non comme un formatage des réponses, mais comme la condition d'une coconstruction harmonieuse du sens.
        This article proposes a new epistemological approach to characterise the interaction between humans, and technological language devices, based on the concept of a hybrid semiotic construct. It will be shown that probabilistic language models produce in themselves neither meaning nor nonsense, but open up interpretative spaces shared among humans, technical artefacts and symbolic domains. Revising the work of Bruno Latour, Charles Sanders Peirce and André Leroi-Gourhan, the article defends the idea that the “hallucinations” of conversational agents should not be expunged, but understood as opportunities for co-construction of meaning. Such a perspective implies that ethics cannot be reduced to technical compliance. This framework invites us to rethink regulation not as a prescription of responses, but as the conditions for a harmonious co-construction of meaning.
      • Pour une apologie critique de l'agentivité algorithmique : une perspective bergsonienne - Florian Jaton, Marc Lenglet p. 51-67 accès libre avec résumé avec résumé en anglais
        Cet article propose une apologie critique de l'agentivité algorithmique, dans un effort diplomatique de réconciliation entre sciences informatiques et approches critiques des algorithmes. En nous appuyant sur les résultats d'ethnographies récentes portant sur la construction d'algorithmes, nous mettons en lumière deux capacités de l'intelligence propre à l'agentivité algorithmique : la capacité de concentration (un effort méthodique vers la précision), et la capacité de mise en relation (l'articulation de données nouvelles à des savoirs acquis), toutes deux empruntées à la discussion bergsonienne de l'intelligence. Nous montrons également que cette intelligence reste bornée, car incapable de saisir l'indéterminé.
        This article develops a critical praise of algorithmic agency, as part of a diplomatic effort to reconcile computer science with critical approaches to algorithms. Drawing on the results of recent ethnographies of algorithm-building practices, we highlight two aspects of intelligence that characterize algorithmic agency: the capacity to concentrate (a methodical effort towards precision), and the capacity to build relations (the articulation of new data to acquired knowledge), both borrowed from Bergson's discussion of intelligence. We also show that this form of intelligence remains limited, as it lacks the ability to grasp the indeterminate.
    • De quelles façons ces IA impactent-elles la mobilisation de notre intelligence dans nos pratiques ?
      • « Nous allons tous devenir des prompteurs » - Corinne Delmas p. 71-89 accès libre avec résumé avec résumé en anglais
        Les outils conversationnels et d'IA générative proposés par de nombreux prestataires et LegalTech aux professionnels du droit, font l'objet de promesses, attentes et croyances, mais sont aussi parfois perçus comme non dénués de risques voire de souffrance. Domine actuellement, au sein des organisations, une approche productiviste priorisant le temps gagné et occultant les effets ambivalents de ces technologies sur la qualité de vie au travail ainsi que sur l'apprentissage du métier. Leur appropriation, qui varie selon les structures, l'avancée dans la carrière et la spécialisation, s'inscrit dans une division technique et morale du travail. Contribuant à la montée en force de professionnels aux profils hybrides, entre le droit, la gestion et le numérique, mais aussi à celle des fonctions juridiques au sein des entreprises, les IAgs s'inscrivent dans des recompositions à la fois professionnelles, managériales et organisationnelles.
        Conversational and generative AI tools offered to legal professionals by many providers and LegalTech suppliers are the subject of promises, expectations and beliefs, but are also sometimes perceived as not without risks or even perils. A productivist approach is currently dominant within organisations, prioritising time saved and obscuring the potentially negative effects of these technologies on the quality of life at work as well as on professional education. Their uptake, which varies according to organisation, career progression and specialisation, is part of a technical and ethical division of labour. Contributing to the rise of professionals with hybrid profiles embracing law, management and digital technology, but also to that of legal roles within companies, generative AI engenders realignments which are at once professional, managerial and organisational.
      • Que font les intelligences artificielles à la pratique du design ? - Sonia Laugier p. 91-114 accès libre avec résumé avec résumé en anglais
        Quelle incidence les SAI ont-ils sur les formes d'intelligence propres aux processus de formalisation dans le projet de design : la mise en forme sensible des idées, les langages formels, la compréhension physique et géométrique du monde tangible, la connaissance des techniques, matériaux et procédés de fabrication ? Nous examinerons comment l'intégration des SAI, d'abord symboliques puis connexionnistes, déplace, réactualise, fait muter ou oblitère ces savoir-faire et change les langages formels pensables et possibles. Les IA génératives actuelles font glisser le processus de formalisation d'une « écriture des formes » (dessin informé) à celle de l'exercice d'un regard. Placé au cœur de cette ambivalence de nos systèmes technologiques, où le rapport au réel est essentiellement médié par les images, tout en étant brouillé par l'hyperréalisme des images générées, le designer va chercher à ouvrir des voies de passage entre image et monde tangible, modélisation et fabrication, revisitant ses manières de projeter les formes.
        What is the impact of AI on the types of thinking needed in the stages of formalising a design project: the careful elaboration of ideas, the specialised terminologies, the physical and geometric understanding of the tangible world, the knowledge of techniques, materials and manufacturing processes? We will examine how the adoption of AI, initially symbolic and subsequently connectionist, displaces, updates, mutates or obliterates this know-how and changes the formal languages that are thinkable and possible. Current generative AI shifts the formalisation process from a “writing of forms” (informed drawing) to that of viewership. Located at the heart of this declination of our professional technique, in which the relationship to reality is now principally mediated by images, these images blurred by their hyperrealism, the designer seeks to find a pathway between the image and the tangible world, the model and the manufactured item, and rediscover a way of projecting forms.
      • Humains et intelligence artificielle : les dynamiques de travail et de savoirs dans le diagnostic automatisé des voiries - Clément Fouquet p. 115-132 accès libre avec résumé avec résumé en anglais
        Cet article explore la division du travail entre les experts humains et les algorithmes d'intelligence artificielle (IA) relevant de l'apprentissage automatique dans une société spécialisée dans l'audit des dégradations de la chaussée. Il s'agit d'analyser comment l'inclusion de l'IA a retracé les contours des domaines d'intervention des humains et des machines dans le travail de diagnostic. Il apparaît que sans la cohérence apportée par les experts humains aux résultats de l'IA ceux-ci sont peu exploitables et interprétables. Le cœur du travail de diagnostic n'est pas tant le repérage des dégradations sur la route que la mobilisation de connaissances et de compétences sociales propres aux humains et encore peu accessibles aux machines. Loin de remplacer l'humain, l'IA transforme les pratiques professionnelles tout en renforçant la complémentarité entre compétences humaines et capacités techniques.
        This article explores the division of labour between human experts and artificial intelligence (AI) algorithms using machine learning in a company specialising in the auditing of road damage. It analyses how the adoption of AI has redefined the boundaries of human and machine intervention in this task. It has been found that without the consistency contributed by human experts to the results provided by AI, their utility and interpretability are poor. The core of the diagnostic work is not so much the identification of damage to the roads as the mobilisation of knowledge and social skills specific to humans and not yet completely accessible to machines. Far from replacing humans, AI is transforming professional practices while strengthening the complementarity between human skills and technical capabilities.
    • Que disent ces « modèles » d'IA de la façon dont nous nous représentons l'intelligence ?
      • Le « double écheveau » des savoirs de l'IA : pluralité d'hypothèses et unité de l'imaginaire d'un projet techno-scientifique - Lucie Conjard p. 135-151 accès libre avec résumé avec résumé en anglais
        Le syntagme « intelligence artificielle », au sein de la recherche scientifique, est attaché à un ensemble de propositions diverses et parfois concurrentes. Cet article vise à restituer cette diversité tout en mettant au jour la dynamique qui préside à sa subsomption sous un même terme. L'histoire du développement de l'IA a souvent été écrite comme une controverse entre deux propositions concurrentes : le connexionnisme, pour lequel l'intelligence est la capacité d'adaptation à un milieu, et qui entend reproduire des comportements humains par le traitement statistique de données ; et l'IA symbolique pour laquelle l'intelligence est la capacité à produire des raisonnements logiquement valides, et qui entend reproduire des gestes cognitifs par la programmation de modèles formels des raisonnements. Souvent décrits comme antagonistes, chacun de ces courants a pourtant recours aux mêmes images, aux mêmes métaphores. Il semble donc que l'histoire de l'IA puisse également être décrite sur le mode de la persistance et de la continuité. Je défends qu'à travers la variété des courants de l'intelligence artificielle, c'est un même « style de pensée » (au sens de Ludwik Fleck), un même corpus de catégories, qui fonde l'unité du projet d'intelligence artificielle. Ce dernier s'agrège autour d'un problème central posé aux sociétés anglo-saxonnes à la suite de la Seconde Guerre mondiale : la nécessité antinomique de définir l'humain à la fois comme un être déterminé, et comme un être libre. La capacité symbolique des techniques d'IA à proposer une résolution de cette antinomie à travers la figure de l'automate autotransformateur pourrait en partie expliquer l'ampleur qu'elles revêtent dans l'actualité des imaginaires sociaux.
        The syntactic unit “artificial intelligence” is within scientific research associated with a set of diverse and sometimes competing convictions. This article aims to reframe this diversity while bringing to light the dynamics that govern its subsumption under a single term. The development of AI has often been described as a struggle between two competing philosophies: connectionism, for which intelligence is the capacity to adapt to an environment and which seeks to reproduce human behaviours through the statistical processing of data; and symbolic AI, for which intelligence is the capacity to produce logically valid reasoning and which seeks to reproduce cognitive processes through programming using formal models of reasoning. Often described as rivals, each of these theories nevertheless depends upon the same images and metaphors: thus it seems that the history of AI can also be described in terms of persistence and continuity. I argue that, despite the variety of approaches in artificial intelligence, a single 'style of thinking' (in Ludwik Fleck's sense) and a single set of categories underlie the unity of the artificial intelligence project. This project coalesced around a central problem posed in Anglo-Saxon societies in the wake of the Second World War: the paradoxical need for a deterministic definition of the human and simultaneously as a free being. The capacity of AI techniques to provide a symbolic resolution to this antinomy through the figure of the self-transforming automaton could partly explain their prominence in the contemporary social imagination.
      • Performativité de l'intention : de l'acte de langage à l'acte de dialogue automatisé - Nicolas Santolaria p. 153-168 accès libre avec résumé avec résumé en anglais
        Sous des formes diverses – assistants personnels intelligents, chatbots, grands modèles de langage (LLM) – les systèmes de dialogue humain/machine ont vu leur usage se développer auprès du grand public ces dernières années, constituant parmi les concrétisations les plus notables de l'intelligence artificielle dans les mondes sociaux. Une des promesses qui relie ces technologies est l'utilisation du langage « naturel » dans la relation à la machine au moyen d'une interface conversationnelle, impliquant le fait que tous ces dispositifs captent et réalisent l'intention de l'utilisateur. Elle s'appuie sur une conception de l'humain simplifiée, qui en fait un agent rationnel tendu vers la poursuite de buts clairement définis et formulés. C'est sur cette intentionnalité partagée et lexicalisée que se fonde l'activité collaborative humain-machine. Articulant une approche décontextualisée, taxinomique et opérative des énonciations, l'acte de dialogue automatisé constitue une radicalisation intentionnaliste de l'acte de langage définit par J.L Austin, réorienté vers un finalisme univoque propre à la technique.
        In various forms—intelligent personal assistants, chatbots, large language models (LLMs)—systems for human-machine dialogue have seen their use expand among the general public in recent years, constituting one of the most notable manifestations of artificial intelligence in the social sphere. One of the conveniences shared by these technologies is the use of “natural” language in the interaction with the machine through a conversational interface, implying that these devices capture and fulfill the user's intentions. This idea relies on a simplified conception of the human, which makes of them rational agents striving to pursue clearly defined and formulated goals. Human-machine collaborative activity is thus founded on this shared and lexicalised intentionality. Articulating a decontextualized, taxonomic and operational approach to enunciations, the automated 'act of dialogue' constitutes an intentionalist radicalization of the speech act as defined by J.L Austin, reoriented towards a unequivocal finalism specific to the technology.
      • L'intelligence par-delà l'anthropocentrisme - François Levin p. 169-188 accès libre avec résumé avec résumé en anglais
        Le développement de l'apprentissage machine a fait naître de vifs débats théoriques sur la notion d'intelligence et sur la possibilité de l'attribuer ou non à des systèmes artificiels. Face aux critiques anti-behavioristes, qui insistent sur la nécessité de définir l'intelligence comme une qualité spécifique, non réductible à des comportements et qui serait en fait propre à l'être humain, un certain nombre de tentatives théoriques ont été entreprises pour tenter de donner corps à la notion d'intelligence tout en prenant en compte les développements récents de l'IA. Néanmoins, l'ensemble de ces positions demeurent fondées, comme la perspective anti-behavioriste, sur une comparaison constante entre l'intelligence artificielle et l'intelligence humaine. Cet article tente au contraire d'envisager un différentialisme radical, qui permette de penser la multiplicité des intelligences. Il entend mettre cette idée à l'épreuve : peut-on soutenir qu'il existe différents types d'intelligence et que le concept d'intelligence n'est pas indexé à l'intelligence humaine ? En d'autres termes, peut-il exister des formes d'intelligence non anthropocentriques, c'est-à-dire qui divergent radicalement de l'intelligence humaine ? Pour ce faire, il analyse les trois contre-arguments majeurs que semble devoir susciter cette proposition : peut-on encore parler de critères de l'intelligence si l'on affirme sa multiplicité ? Cette position conduit-elle à revenir à une conception entièrement behavioriste de l'intelligence ? Ne condamne-t-elle pas le projet d'IA dans son ensemble en lui ôtant son horizon, à savoir l'imitation de l'intelligence humaine ?
        The development of machine learning has sparked lively theoretical debates on the notion of intelligence and whether or not it can be attributed to artificial systems. Faced with anti-behaviourist critiques, which insist on the need to define intelligence as a specific quality, irreducible to behaviour and unique to human beings, a number of theoretical attempts have been made to flesh out the notion of intelligence while taking into account recent developments in AI. Nevertheless, all of these positions remain based, like the anti-behaviourist viewpoint, on a constant comparison between artificial intelligence and human intelligence. This article attempts, on the contrary, to posit a radically different proposition that allows us to conceive of a multiplicity of intelligences. The idea is as follows: can we accept that different types of intelligence can exist and that the concept of intelligence is not indexed to human intelligence? In other words, are there non-anthropocentric forms of intelligence, that is, forms that diverge radically from human intelligence? To answer this, we analyse three major counter-arguments that this proposition seems to raise: can we still speak of criteria for intelligence if we affirm its multiplicity? Does this position lead to a return to a purely behaviourist conception of intelligence? Doesn't it condemn the AI project as a whole by depriving it of its horizon, namely the imitation of human intelligence?
      • Anthropomorphisme : des animaux aux machines - Marceau Nahon, Mehdi Khamassi, Ismael Tito Freire, Cédric Paternotte, Raja Chatila p. 189-209 accès libre avec résumé avec résumé en anglais
        Nous discutons la propension naturelle et couramment observée de l'attribution de capacités humaines comme l'intentionnalité, les émotions, ou l'intelligence aux phénomènes naturels, aux êtres vivants non humains ou aux objets et systèmes artificiels. Ses raisons sont probablement évolutionnaires, et profondément ancrées dans le comportement humain. L'anthropomorphisation qui en découle, ou le refus de celle-ci, a notamment des conséquences sur les croyances religieuses et sur l'attitude individuelle et sociale vis-à-vis des autres espèces vivantes ou des systèmes artificiels qui exhibent un comportement perçu comme intelligent. Nous discutons les enjeux éthiques de l'anthropomorphisation et ses effets concrets sur la conception des systèmes intelligents et sur les relations humain-machine.
        We discuss the natural and commonly observed tendency to attribute human capacities such as intentionality, emotion, and intelligence to natural phenomena, non-human living beings and artificial objects and systems. Its causes are likely evolutionary and deeply rooted in human behaviour. The resulting anthropomorphism, or its rejection, has significant consequences for religious beliefs and for individual and social attitudes toward other living species and towards artificial systems that exhibit behaviour perceived as intelligent. We discuss the ethical implications of anthropomorphism and its practical effects on the design of intelligent systems and on human-machine relationships.
  • Entretien

  • Écho

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