| Titre | Un supplice imperceptible. Prouver la douleur ressentie par les condamnés à mort dans les procès de l'injection létale aux États-Unis | |
|---|---|---|
| Auteur | Nicolas Fischer | |
|
Revue | Tracés |
| Numéro | no 46, 2025 Les trajectoires de la preuve | |
| Rubrique / Thématique | Articles |
|
| Page | 21-40 | |
| Résumé |
À partir d'une enquête combinant des entretiens et l'analyse de documents judiciaires, cet article revient sur le travail probatoire mis en œuvre par les avocats et les experts qui interviennent dans les procès centrés sur les exécutions capitales par injection létale aux États-Unis. Cette méthode de mise à mort, censée tuer les condamnés avec « humanité » en les anesthésiant avant de leur inoculer une substance mortelle, fait en effet l'objet, depuis le début des années 2000, de plaintes en justice qui prétendent au contraire qu'elles infligent aux personnes exécutées des douleurs extrêmes et inconstitutionnelles. Apporter la preuve de ces douleurs est toutefois particulièrement difficile : affectés par les injections, les condamnés sont en effet inertes et apparemment inconscients, la souffrance éventuelle qu'ils éprouvent ne pouvant être mise en évidence que par des experts en médecine. Après avoir rappelé le contexte d'émergence de ce contentieux centré sur l'injection létale, l'article analyse ce travail probatoire particulier à partir d'un procès spécifique, tenu à Oklahoma City (Oklahoma) début 2022. Il revient spécifiquement sur l'affrontement d'experts anesthésistes devant le tribunal, et sur le répertoire de preuves sur lequel ils s'appuient : entre autres, les données relevées par des capteurs placés sur le corps des condamnés, mais aussi leurs propres observations d'exécutions auxquelles ils ont assisté. Caractérisé par un haut degré de technicité, leur expertise échoue toutefois à rendre tangible ce qui constitue son objet principal : le degré de conscience, et donc de sensibilité à la douleur, que conservent les condamnés au cours de leur exécution. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
|
| Résumé anglais |
Drawing on fieldwork combining interviews and analysis of court documents, this article studies the “evidentiary work” carried out by attorneys and experts involved in the current litigation over judicial executions by lethal injection in the USA. This execution method is supposed to kill the condemned “humanely” by anaesthetising them before injecting them with a lethal substance. Yet, it has been the subject of legal complaints since the early 2000s. These complaints claim that lethal injection, far from being humane, inflicts extreme and unconstitutional pain on those executed. Producing evidence of this pain, however, proves to be particularly difficult: inmates receiving injections are indeed inert and apparently unconscious, and only medical experts can detect any suffering they might be experiencing. First, the paper summarises the context of the emergence of this litigation centred on lethal injection. I then move on to analyse the “evidentiary work” involved in a particular trial held in Oklahoma City (Oklahoma) in early 2022. It focuses on the confrontation between anesthesiology expert witnesses in court and on their supporting repertoire of evidence, which includes data collected by sensors placed on the bodies of condemned prisoners, as well as their observations of executions they were allowed to witness. Despite a high level of technicality, their expertise nevertheless fails to make tangible what constitutes its main object: the degree of consciousness, and therefore of pain sensitivity, that condemned prisoners retain while they are being executed. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
|
| Article en ligne | https://journals.openedition.org/traces/16424 |


