| Titre | Performer l'anti-autoritarisme. Symétries et asymétries de statuts dans des dispositifs délibératifs à l'école élémentaire | |
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| Auteur | Leia Duval-Valachs | |
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Revue | Tracés |
| Numéro | no 47, 2025 Épreuves d'autorité | |
| Rubrique / Thématique | Articles |
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| Page | 67-84 | |
| Résumé |
Cet article explore l'anti-autoritarisme dans les relations éducatives à l'école élémentaire, en s'intéressant à un dispositif délibératif : le conseil d'élèves. En mobilisant un cadre interactionniste inspiré d'Erving Goffman, il examine comment sont performés des statuts participationnels moins asymétriques que dans les contextes scolaires habituels et comment ces pratiques remodèlent l'autorité éducative. L'article cherche à contribuer à la réflexion sur l'autorité en éducation en la concevant comme une relation dynamique, nécessaire à l'apprentissage de l'autonomie.Les observations ethnographiques menées dans huit classes montrent que l'anti-autoritarisme ne vise pas à abolir l'autorité, mais à la reformuler. Les enseignantes adoptent des postures variées, oscillant entre le lâcher-prise, l'accompagnement et le contrôle, dans la recherche d'un équilibre entre l'autonomie des élèves et le maintien de normes éducatives et délibératives. Ces tensions sont illustrées par des pratiques comme la ritualisation du tour de parole ou l'utilisation d'objets symboliques qui accompagnent la performance d'interactions plus égalitaires.L'analyse révèle également les limites et résistances à ces performances anti-autoritaires. Les élèves reproduisent souvent des formes de déférence à l'autorité enseignante, mais de façon différenciée selon leurs dispositions sociales et culturelles, leur âge et les options pédagogiques des classes. En insistant sur les inégalités sociales traversant ces dispositifs, cet article cherche à éclairer les conditions auxquelles l'autorité peut, paradoxalement, servir de condition à l'émergence d'une égalité interactionnelle dans les pratiques éducatives. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Résumé anglais |
This article discusses anti-authoritarianism in primary school educational relation settings, focusing on a deliberative context: the student council. Drawing on Erving Goffman's interactionist framework, it examines how participation statuses are performed in ways that are less asymmetrical than in conventional school contexts, and how these practices reshape educational authority. The article aims to contribute to reflections on authority in education by conceptualising it as a dynamic relationship, essential to fostering student autonomy.Ethnographic observations conducted in eight classes reveal that anti-authoritarianism does not aim to abolish authority, but rather to reformulate it. Teachers adopt various stances, oscillating between disengagement, guidance, and control, as they attempt to balance student autonomy with the upholding of educational and deliberative norms. These tensions are illustrated through practices such as the ritualisation of turn-taking and the use of symbolic objects that facilitate more egalitarian interactions.The analysis also highlights the limitations and resistances to these anti-authoritarian performances. Students often exhibit forms of deference to teacher authority, but in varying ways, depending on their social and cultural backgrounds, age, and the pedagogical approaches of their class. By emphasising the social inequalities embedded in these settings, this article seeks to shed light on the conditions under which authority can paradoxically serve as a prerequisite for the emergence of interactional equality in educational practices. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Article en ligne | https://journals.openedition.org/traces/17055 |


